Environ 30 % (soit 56 millions d’hectares) des zones agricoles de l’UE seraient exposées à un risque au moins modéré d’abandon des terres, ont prévenu les auteurs d’une étude menée à la demande du Parlement européen et présentée le 24 février devant sa commission de l’Agriculture. Et cet abandon des terres pourrait, selon les auteurs, atteindre 5 millions d’hectares d’ici 2030, soit 2,9 % de la superficie agricole utilisée actuelle de l’UE. Un phénomène rarement discuté et qui menace, logiquement, les zones agricoles les plus défavorisées. Les pays les plus touchés sont l’Autriche, Chypre, l’Estonie, le Danemark, la Finlande, la Grèce, l’Italie, la Lituanie, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Suède et la Slovénie.
Ce risque concerne aussi bien les terres arables, les cultures permanentes et les pâturages car il « ne dépend pas tant du type de couverture des terres que de leur situation géographique », constatent les auteurs de ce rapport. Plus que la pression urbaine, la principale raison de cet abandon est l’augmentation de productivité et de compétitivité régionale qui entraîne des changements progressifs dans l’orientation de la production et sa concentration. L’abandon des terres est donc plus prononcé dans les zones où la capacité de production et la productivité sont limitées, par exemple dans les zones soumises à des contraintes naturelles : les zones de montagne, les îles et d’autres régions éloignées d’Europe.
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Mais pas de solution miracle. Pour limiter ce phénomène, l’étude souligne la nécessité de mieux adapter les aides de la Pac au risque d’abandon des terres dans les régions les plus menacées. Les deux piliers de la Pac devraient, souligne ce travail, être « plus attentifs à toutes sortes de modèles d’exploitation agricole et aux nouveaux arrivants dans le secteur afin de soutenir leurs idées et de contribuer à réengager les terres agricoles ». Les auteurs suggèrent également un recours facilité à d’autres fonds que ceux de la Pac pour améliorer les conditions d’accès à la terre à des fins agricoles.