Et l’industrie alimentaire dans tout ça ? Que les agriculteurs s’inquiètent de la Pac à venir, rien de plus normal, leur revenu dépendra des modalités d’aides retenues, et leur activité des orientations données (ou non) à travers des dispositifs de gestion des crises, voire de stabilisation des marchés, sans parler de l’incidence des accords internationaux sur le niveau des barrières tarifaires et non tarifaires aux échanges. Que les citoyens s’intéressent au débat public lancé à l’Inra sur « l’après 2013 » serait logique aussi, car la qualité des paysages et de la vie rurale sera fonction des choix de politique agricole ; les façons de se nourrir – et à quel niveau de prix – également.
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En revanche, la prospective et les scénarios qu’ont présentés les chercheurs semblent avoir laissé de côté l’industrie alimentaire, ses enjeux et ses problématiques. Et d’ailleurs les industriels brillaient par leur quasi-absence au colloque. Comme si leur sort n’était pas étroitement lié à celui de l’agriculture : où se fera pourtant la valeur ajoutée sinon là où des usines, des emplois et des savoir-faire seront encore présents ? Habituée plus que de raison à traiter des tensions avec son aval grande distribution, l’industrie alimentaire oubliait qu’elle peut en subir d’aussi vives avec l’amont. La conjoncture des prix est là pour le lui rappeler. Michel Barnier, qui a lancé lui-même un débat public avec les Assises de l’agriculture et qui veut qu’on « élargisse les politiques agricoles » pour qu’elles « deviennent des politiques alimentaires, agricoles et rurales », réussira-t-il davantage à la mobiliser ?