Le sujet est éminemment délicat mais il ne peut être évité. Le syndicalisme commence à aborder le problème comme l’a montré la rencontre des organisations majoritaires dans le cadre du CAF (Conseil d'agriculture française) le 1er septembre. Le temps est sans doute venu pour les organisations agricoles de réfléchir, voire de plaider pour un traitement social des agriculteurs qui ne sont plus en mesure de lutter contre la concurrence européenne, voire mondiale.
S’imaginer qu’on peut les maintenir en activité, dans un espace protégé, une sorte de bulle, constitue un rêve ou une grande hypocrisie. Il y a des exploitants qui s’approchent de la retraite et n’ont ni le temps ni l’argent pour investir ; d’autres ont et auront toujours des structures ou des coûts de production qui sont trop élevés. Plutôt que de faire de l’acharnement économique à coup de subventions permanentes, il faut les aider à décrocher honorablement, avec des revenus alternatifs décents. Et, du coup, permettre à de plus jeunes de s’installer ou des voisins de devenir plus forts. N’est-ce pas ce qu’en un temps le visionnaire Michel Debatisse proposait ?
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
D’aucuns crieront à un scandaleux plan de restructuration de l’agriculture, voire de la casse sociale. Et appelleront à un retour à une agriculture paysanne dont on ne sait trop ce que cela veut dire si ce n’est des problèmes lancinants de revenus.
Une « agriculture paysanne » ne peut exister que s’il y a un protectionnisme français. Ce n’est pas à l’ordre du jour. Alors il faut bien accepter la réalité : permettre à ceux qui sont en permanence en difficulté, qui ne peuvent investir pour devenir compétitif, de décrocher honorablement. N’est-il pas temps d’en accepter l’échéance plutôt que d’en rester au politiquement correct ?