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Commerce Accord commercial  : conclusion d’un accord de principe entre Bruxelles et Mexico City

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Dans l'attente de la fin des négociations en cours sur certains éléments techniques, l’UE et le Mexique ont conclu un accord de principe le 21 avril, visant à faciliter les échanges commerciaux. 

L'UE et le Mexique ont conclu un accord politique le 21 avril (1) dont l’ambition affichée est d’ouvrir de nouveaux marchés aux agriculteurs européens. Grâce au nouvel accord, 99 % des produits seront échangés entre l’UE et le Mexique en franchise de droits. Pour 98 % des marchandises, les droits seront supprimés dès l’entrée en vigueur de l’accord. Pour les autres postes, les droits de douane seront éliminés progressivement ou pour des quantités limitées définies sous la forme de contingents. Cela concerne notamment les exportations de produits laitiers et de viande, tant du côté de l’UE que du Mexique. Si l’on se focalise sur le seul volet agroalimentaire de l’accord, le Mexique devrait supprimer ses droits de douane élevés sur des produits alimentaires essentiels de l’UE tels que les pâtes alimentaires (actuellement soumis à des droits allant jusqu’à 20 %), le chocolat et les confiseries (dépassant les 20 %), les fromages de la famille des bleus (jusqu’à 20 %), presque tous les produits à base de viande de porc (jusqu’à 45 %) et les produits de volailles économiquement pertinents (jusqu’à 100 %). Pour d’autres produits, l’accord ouvrira de nouvelles perspectives d’accès significatives au marché, dans le cadre de limites annuelles, par exemple pour le lait en poudre (taxé jusqu’à présent à un taux allant jusqu’à 50 %), il y aura un contingent annuel de 50 000 tonnes, pour les fromages frais et les fromages fondus (actuellement taxés jusqu’à 45 %), un contingent de 5 000 tonnes et pour les autres fromages (droit actuel allant jusqu’à 45 %), un contingent de 20 000 tonnes. Le commerce des vins et spiritueux, dont les exportations sont importantes à la fois pour l’UE et le Mexique, sera également facilité.

Bisbilles sur les indications géographiques

Si l’UE a réussi à obtenir des droits exclusifs pour 340 produits protégés par une indication géographique, dont le comté (France), le queijo Sao Jorge (Portugal) ou encore le szegedi szalámi de Hongrie, elle n’a toutefois pas obtenu gain de cause pour les agriculteurs de La Mancha, en Espagne, et leur fromage, le manchego, qui bénéficie pourtant d’une indication géographique protégée dans l’UE. Or, le manchego mexicain représente presque 15 % de toutes les ventes de fromage au Mexique. La différence réside dans la fabrication. Alors que le manchego mexicain est produit à partir de lait de vache, le manchego espagnol utilise du lait d’une race de brebis venant de la province de La Mancha. Par ailleurs, le fromage mexicain est fabriqué en une semaine environ alors que plus de deux mois sont nécessaire pour produire du manchego espagnol. Les agriculteurs de La Mancha soutiennent que cela donne une qualité spéciale qui se reflète aussi dans les prix. Aux États-Unis, où les deux produits sont en concurrence, le manchego coûte le double du produit mexicain. Dans le cadre de l’accord, le Mexique devra indiquer clairement que leur manchego n’a pas de lien avec l’indication européenne protégée, et les producteurs ne pourront utiliser que du lait de vache.

Interbev dénonce une « nouvelle concession » de l’UE

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Réagissant à l’annonce récente d’un accord politique trouvé en vue de la modernisation de l’accord de libre-échange UE-Mexique, Interbev (viande rouge) dénonce, dans un communiqué le 24 avril, l’ouverture du marché européen « à 20 000 tonnes de viandes bovines mexicaines (dont 10 000 tonnes de hampes et d’onglets), qui étaient jusqu’ici exclues des négociations pour des raisons sanitaires ». Pour l’interprofession, il s’agit d’une « nouvelle concession de l’UE pour laquelle ni la survie de la filière viande bovine, ni la protection de la santé des consommateurs, ne semblent prévaloir sur sa politique commerciale ». Le président d’Interbev en appelle au président de la République pour qu’il « impose à Bruxelles l’arrêt de cette politique destructrice pour notre secteur, mais aussi dangereuse pour les consommateurs ».

Commerce de marchandises UE/Mexique : une valeur de plus de 62 milliards d’euros

L’UE est le troisième partenaire commercial du Mexique et, avec 128 millions d’habitants, le Mexique est le deuxième partenaire commercial de l’UE en Amérique latine, après le Brésil. La valeur totale des échanges commerciaux entre l’UE et le Mexique dépasse les 62 milliards d’euros pour les marchandises (2017) et approche les 15 milliards d’euros pour les services (2016). Les exportations de marchandises de l’UE vers le Mexique ont atteint 38 milliards d’euros (2017), montant auquel s’ajoutent 10 milliards d’euros d’exportations de services (2016).