Abonné

Prix du lait Accord du 3 juin : la Fnil prête à discuter dans le cadre défini par le ministre

- - 4 min

La Fnil qui indiquait, le 22 juin, prendre acte de la tendance haussière du prix du lait pour le mois de juillet enfonce le clou, le 13 juillet, en « annonçant », à nouveau, une évolution positive du prix du lait et des volumes. La fédération précise sur quelles bases ses adhérents s'appuient pour la détermination du prix du lait alors que l'interprofession n'est pas parvenue à un consensus. Mais surtout, elle rappelle qu'elle est « toujours disposée à poursuivre les discussions pour trouver un accord permettant de répondre aux recommandations du ministre du 30 mars dernier ». A savoir, intégrer à l'accord du 3 juin 2009 sur le prix du lait trois nouveaux indicateurs (écart entre le prix français et allemand, coût de production, valorisation du beurre et de la poudre) pour mieux « coller » à la réalité. Ce qui n'est pas neutre, alors que l'interprofession laitière se déchire toujours sur ces questions.

Bruno Le Maire peut être quelque peu rassuré. La Fnil (industriels privés) indique dans un communiqué le 13 juillet « qu'elle est toujours disposée à poursuivre les discussions pour trouver un accord permettant de répondre aux recommandations du ministre du 30 mars dernier ». Ce dernier avait exigé, suite au désaccord sur le prix du lait survenu à l'époque entre les trois familles de l'interprofession qu'elles travaillent à de nouvelles modalités pour l'accord du 3 juin 2009 en intégrant notamment trois nouveaux indicateurs (écart entre le prix français et allemand, coût de production, valorisation du beurre et de la poudre). Trois nouveau indicateurs défendus chacun par une famille de l'interprofession. De fait, chaque acteur de l'interprofession obtenait une avancée. Une manière habile et politique de siffler la fin de partie d'un nouveau désaccord sur le prix du lait. Un répit de courte durée.

« Vieilles habitudes »

C'était sans compter la sortie des industriels privés (Fnil), le 22 juin, sur le prix du lait qui a mis le feu à la maison du lait. Ce communiqué de la Fnil indiquait que la tendance haussière des prix pour le mois de juillet s'inscrivait dans une tendance annuelle d'augmentation du prix de l'ordre de 10 % sur l'année 2010 sur l'ensemble des volumes produits. la FNPL (producteurs) avait fermement réagi, dénonçant les décisions unilatérales des transformateurs laitiers concernant le prix du lait. On le sait, les réunions de l'interprofession à ce sujet s'étaient mal passées. « Ces entreprises ont repris leurs vieilles habitudes de vouloir, sans arrêt, grappiller des euros et fixer unilatéralement le prix du lait aux producteurs », réagissait la FNPL dans un communiqué le 24 juin. Elle accusait « les transformateurs laitiers de faire fi de l'accord du 3 juin 2009, de faire fi de l'attitude responsable des producteurs lors des réécritures des grilles de saisonnalité en région, de faire fi des avancées de la FNPL sur la manière de gérer les volumes tout en restant connecté avec l'environnement européen ».

Evolution à la hausse

Trois semaines plus tard, le 13 juillet, la Fnil communique pour « ré » annoncer « une évolution positive du prix du lait et des volumes » dans les mêmes termes que son précédent communiqué. Les industriels privés précisent que le prix du lait qu'ils appliquent pour le mois de juillet s'appuie sur: « l'application des accords du 3 Juin 2009 qui évoluent à la hausse, suite à une augmentation significative des cotations du beurre, de la poudre et des fromages européens ; la mise en œuvre d'un indice sur l'évolution comparée du prix du lait entre l'Allemagne et la France afin de permettre à la filière laitière française de ne pas être déconnectée de l'environnement européen et d'éviter de dégrader la balance commerciale comme ce fut le cas en 2009 ; l'intégration de la saisonnalité du prix défini dans chaque région ; des allocations de volumes complémentaires de lait, selon les entreprises et par bassins laitiers, qui pourront représenter jusqu'à 5% de la référence de chaque producteur ». Une véritable explication de texte alors que « les indicateurs (du troisième trimestre) n'ont pas été diffusés par l'interprofession nationale à la demande des producteurs de lait et que les discussions dans les régions n'ont pas abouti » précise la fédération, soucieuse de justifier le prix du lait qui sera appliqué par ses adhérents pour le mois du juillet alors que l'interprofession n'est pas parvenue à un accord. Une interprofession qui ne donne pas l'exemple alors qu'elle doit être, en plus, le moteur de la future contractualisation.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

interprofession
Suivi
Suivre