À l’occasion de l’ouverture du salon de l’agroalimentaire Sial, qui se tenait à Paris Villepinte, le consortium Protéines France et le ministre de l’Agriculture ainsi que le secrétaire d’État à l’Industrie ont signé un accord de développement des protéines de nouvelle génération. Selon un communiqué des deux ministères ainsi que de l’Ania (association des industriels de l’agroalimentaire), il s’agit de soutenir, via BPIFrance et le programme des investissements d’avenir (PIA), la structuration de cette filière destinée à créer des protéines nouvelles pour contribuer à nourrir la planète.
Signe d’une vraie structuration du consortium Protéines France, une gouvernance est en cours de constitution. « Nous cherchons à fédérer les acteurs sur toute la chaîne de valeur", explique Antoine Peeters, responsable partenariats et relations extérieures du pôle de compétitivité en bioéconomy IAR. L’objectif est de nouer ensemble des relations contractuelles mais aussi de parler d’une seule voix avec les structures d’État. Protéines France est constitué du groupe Avril, de Limagrain, Neovia, Roquette, Tereos, Terrena, Vivescia ainsi que du pôle IAR qui en assure la coordination et l’animation. Le consortium a vocation à s’élargir à d’autres partenaires, dont par exemple des start-up.
Des priorités de recherche sont en cours de définition auprès de ces entreprises qui sont toutes présentes de manières diverses dans les protéines. Celles-ci pourront être issues de productions végétales (p.e légumineuses), d’algues mais aussi d’insectes ou de solutions mixtes végétal-animal… Rien n’est a priori exclu.
Investir un milliard d’euros
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Bon nombre d’enjeux doivent être levés, comme l’acceptabilité par les consommateurs, ou encore les questions de santé (allergies) ou juridiques. Par ailleurs, le soutien de l’État devra être acquis pour financer des programmes de développement ou soutenir des extensions de lignes de production. Le développement de ces protéines implique des progrès en matière de sélection variétale, de pratiques agronomiques, de traitement industriel (fractionnement, extraction, transformation) de même que sur le plan organoleptique. Sur tous ces plans, les entreprises membres ont décidé de travailler ensemble, envisageant la nécessité d’investir au moins un milliard d’euros sur les cinq prochaines années. Une dimension telle que les organismes de crédit d’État (BPIFrance) ou les programmes de soutien devraient être sollicités par le consortium d’une seule voix.
Etats-Unis : la production de légumineuses explose
Aux États-Unis, la production de légumineuses - lentilles, pois chiches, et autres légumes secs - explose en 2016, portée par l’engouement pour la consommation de protéines végétales. « La demande pour une alimentation basée sur les plantes a significativement augmenté au cours des cinq dernières années aux États-Unis » déclare à l’AFP Tim McGreevy, président de Pulses, le Conseil des Pois et Lentilles américains, présent au Salon de l’agroalimentaire Sial. L’Onu a déclaré 2016 année internationale des légumineuses. C’est le nouveau credo de l’alimentation. En 2016, en un an, les États-Unis ont plus que doublé leur production de lentilles, à 623 307 t contre 293 317 t en 2015, selon les statistiques de Pulses. En 1995, le pays ne produisait que 100 000 t de lentilles. Même développement spectaculaire pour les pois chiches : 226 497 t produites en 2016. Il s’agit d’un doublement par rapport à 2015 (114 441 t). Et d’une multiplication par dix par rapport à 1995 : 21 000 t. « Les légumineuses entières ou en ingrédients devraient encore connaître une très forte hausse au cours des cinq ans à venir », selon Tim McGreevy.