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Climat Accord a minima à Lima pour préparer la réunion de Paris en 2015

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Un accord a pu être difficilement trouvé le 14 décembre à Lima pour la 20e conférence de l'ONU sur le climat qui doit préparer la voie à la signature d'un dispositif international contraignant sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre fin 2015 à Paris.

Un accord a pu être conclu à Lima, le 14 décembre avec près de deux jours de retard, lors de la 20e conférence de l'ONU sur le climat. Le texte signé par 190 pays pose les bases du futur accord contraignant international qui doit être finalisé fin 2015 à Paris (du 30 novembre au 11 décembre) pour réduire les émissions de gaz à effet de serre afin de limiter le réchauffement climatique de la planète à 2°C. Mais les progrès réalisés lors de ces deux semaines de négociations au Chili ont été jugés limités, en particulier par les organisations de défense de l'environnement. Les 190 signataires de l'accord se disent eux aussi très préoccupés par le fossé important entre les engagements actuels de réduction des émissions de gaz à effet de serre et les trajectoires cohérentes avec une limitation de la hausse des températures entre 1,5° et 2°C.

Opposition entre Etats-Unis et Chine

Le compromis affirme l'objectif de parvenir à un accord ambitieux en 2015 reflétant le principe de responsabilité commune mais différenciée entre pays développés et pays en développement. C'est le cœur du débat : qui devra faire le plus d'effort ? Les pays industrialisés responsables historiques du réchauffement climatique ? Ou les pays en développement en plein boom économique ? La Chine et l'Inde craignent en effet que l'accord pénalise plus les économies émergentes que les pays riches. En face, les États-Unis estiment qu'il est temps pour les pays en développement de freiner la hausse de leurs émissions de gaz à effet de serre. La Chine a obtenu, à Lima, qu'il n'y ait pas d'examen à part entière en vue de comparer le niveau d'ambition de chacun.

C02 : nouveau record d'émissions mais le rythme ralentit

LES émissions mondiales de CO2 provenant de l'utilisation de combustibles fossiles et de la production industrielle ont atteint leur plus haut niveau historique en 2013 avec 35,3 milliards de tonnes, selon le rapport annuel du Centre commun de recherche de la Commission européenne publié le 16 décembre. Mais cette hausse s'est faite à un rythme sensiblement plus lent (2%) que la moyenne des dix dernières années (3,8% par an depuis 2003). Ce ralentissement, qui a débuté en 2012, confirme le découplage des émissions mondiales et de la croissance économique, en particulier en Chine, estiment les auteurs de ce travail.

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Les principales hausses d'émissions de CO2 ont été enregistrées au Brésil (+ 6,2%), en Inde (+ 4,4%), en Chine (+ 4,2%) et en Indonésie (+ 2,3%). Et ce sont la Chine, les Etats-Unis et l'UE qui restent les trois plus importants émetteurs de CO2 de la planète avec respectivement 29%, 15% et 11% des émissions mondiales. En 2013, le niveau des émissions de CO2 par habitant en Chine (désormais de 7,4 tonnes de CO2/hab) a dépassé celui des habitants de l'UE (7,3 t de CO2/hab).

Les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre devront être pris par chaque partie et soumis d'ici mars 2015 par « les parties prêtes à le faire » et bien avant la conférence de Paris pour les autres. Ces engagements seront déterminés par les pays eux-mêmes et doivent aller au-delà des actions déjà entreprises. Ils pourront comprendre des informations sur l'année de référence, la période d'engagement, un calendrier de mise en œuvre, la méthodologie de calcul retenue ou encore un plan d'action sectoriel.

Le texte signé à Lima propose une vaste gamme d'options pour l'accord de Paris, la plus ambitieuse étant la possibilité de viser zéro émission nette globale d'ici 2100 ou plus tôt.

« Bien que l'UE aurait voulu un résultat plus ambitieux à Lima, nous croyons que nous sommes sur la bonne voie pour conclure un accord international à Paris l'année prochaine », a commenté le commissaire européen au climat, Miguel Arias Cañete.