« Il n’y aura pas d’accord sur le Mercosur cette semaine », a pronostiqué le 5 juin à Sofia le commissaire européen à l’agriculture Phil Hogan, alors que se tenait à Montevideo une nouvelle session de pourparlers de libre-échange avec le bloc sud-américain (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) (1). En attendant, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) et l’Union européenne du commerce du bétail et des métiers de la viande (UECBV) ont insisté dans un courrier adressé à Phil Hogan et à la négociatrice en chef européenne Sandra Gallina sur le fait que, dans les pourparlers commerciaux avec les pays tiers, « le traitement spécial pour les produits sensibles doit non seulement inclure un accès au marché pour des quantités limitées mais aussi d’autres mécanismes tels qu’une gestion efficace de ces quantités ».
L’UE devait offrir formellement au Mercosur un contingent d’importation de 99 000 tonnes, dont 50 % de viande fraîche et réfrigérée et 50 % de viande congelée (sans autres subdivisions), avec un droit de 7,5 %.
Le Copa-Cogeca et l’UECBV rappellent, dans leur courrier, la « réduction substantielle » du droit de douane (à 7,5 %) consentie récemment par l’UE au Mexique pour 10 000 t de bœuf équivalent carcasse et 10 000 t d’abats bovins (2), concession à laquelle s’ajoutent ou s’ajouteront celle octroyée au Canada et celles programmées dans les négociations en cours avec le Mercosur et à venir avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande (3).
Selon les deux organisations, ces contingents tarifaires d’importation doivent être gérés par le destinataire, en l’occurrence l’UE, sur la base de licences d’importation, en excluant d’autres systèmes tels que celui du « premier venu, premier servi », la gestion par le pays tiers exportateur ou la co-gestion par les deux parties.
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Le « précédent canadien » doit servir pour les négociations techniques avec le Mexique sur la gestion des contingents d’importation de bœuf, jambon (10 000 t) et blanc de poulet (10 000 t), ainsi que pour celles avec le Mercosur, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, demandent le Copa-Cogeca et l’UECBV, sans quoi le secteur européen de l’élevage et de la viande sera « déstabilisé ».
(1) Voir n° 3647 du 04/06/18
(2) Voir n° 3642 du 30/04/18
(3) Voir n° 3646 du 28/05/18