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Nutrition Accueil contrasté pour le Livre Blanc de la Commission sur l’obésité

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Pour les uns, consommateurs européens, il est « décevant et minimaliste ». Pour les autres, industriels et grande distribution, il est au contraire une « réponse satisfaisante et optimale ». « Il » c’est le Livre Blanc que la Commission européenne vient de présenter et qui propose une série d’actions à l’échelle de l’Union européenne pour tenter d’enrayer la multiplication des cas d’obésité. Si l’industrie salue le document de la Commission, ses détracteurs estiment que le Livre Blanc préconise des solutions qui « reposent essentiellement sur le bon vouloir des industries mais qui ne sera pas d’une grande aide pour les victimes de l’obésité ».

Le Livre Blanc de la Commission est comme la plupart des régimes amincissants: il se base sur de faux espoirs et des attentes irréalistes ». Jim Murray, directeur du BEUC (Bureau européen des unions de consommateurs) n’a pas pris de gant pour malmener le document de la Commission européenne sur la nutrition. « Alors que les consommateurs ont de toute urgence besoin d’un étiquetage clair et simple sur les paquets pour leur permettre de faire des choix sains », il est illusoire, selon lui, « qu’ils puissent compter sur la publicité pour obtenir des conseils nutritionnels ». Il estime que le « matraquage publicitaire pour les aliments riches en graisses, sel et sucre crée une pression considérable et ne facilite pas la vie des parents ».

Le BEUC dénonce l’inertie de la Commission

Le directeur du BEUC regrette que les solutions avancées par la Commission soient plutôt légères face aux problèmes de l’obésité et qu’elles reposent essentiellement sur la bonne volonté de l’industrie agroalimentaire et de la grande distribution. S’il reconnaît qu’en ce qui concerne la publicité pour les aliments adressée aux enfants, le document aborde « vaguement des partenariats et autres mesures volontaires », le patron du BEUC déplore que celui-ci ne prévoit une révision qu’en l’an 2010, « c’est-à-dire sous une nouvelle Commission que la présente ». A ses yeux, le commissaire européen chargé de la santé et de la sécurité des consommateurs, Markos Kyprianou, ainsi que la Commission Barroso, auraient déjà pris leur décision de ne pas bouger et de « laisser le plus gros du travail à leurs successeurs, qui eux-mêmes souhaiteront certainement à leur tour évaluer la situation avant d’agir ».

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Eurocoop, la Communauté européenne des coopératives de consommateurs, n’est pas moins sévère avec le document de la Commission. Dénonçant la « procrastination » de l’exécutif européen, Laura Street, Food Policy Officer d’Eurocoop, regrette que la Commission ne fasse pas de propositions concrètes et qu’elle ne propose pas de légiférer sur la publicité. Elle estime aussi que le Livre Blanc a raté sa cible et qu’il fait la part belle – d’une manière disproportionnée – à l’auto-régulation par rapport à des mesures législatives nécessaires. Une preuve, selon elle, que la Commission reste « sous l’influence des lobbies de l’industrie et de la publicité ».

Applaudissements de l’industrie

Du côté de l’industrie c’est bien sûr un autre son de cloche qui prévaut. La CIAA (Confédération des industries agro-alimentaires de l’UE) salue le Livre Blanc de la Commission et se réjouit que plusieurs actions qu’elle a entreprises sont « confirmées en tant que priorités dans le document de la Commission ». Ces priorités sont, rappelle la CIAA, la fourniture aux consommateurs d’informations sur le contenu nutritionnel des aliments et des boissons, d’offrir de nouveaux produits reformulés et d’encourager les activités physiques ainsi que de promouvoir des partenariats avec des médecins, des professeurs d’écoles et des ONG. De son côté, Xavier Durieu, secrétaire général d’Eurocommerce (Fédération européenne des commerce de détail, de gros et international) salue également le Livre Blanc et se félicite que celui-ci « reconnaît que les initiatives volontaires constituent des instruments importants pour promouvoir des styles de vie sains ». Il se dit confiant que ces initiatives sont « plus efficaces et peuvent être taillées sur mesure pour aider les consommateurs à comprendre les bénéfices qu’il peut attendre et d’un bon régime alimentaire et d’un style de vie sain ». Le responsable d’Eurocommerce se réjouit plus particulièrement du fait que la Commission consent « à laisser le temps nécessaire à ces initiatives de produire leurs effets avant de proposer toute nouvelle législation ».