Le plan d’action pour le développement de l’agriculture biologique présenté par la Commission européenne le 10 juin a reçu un accueil globalement favorable des producteurs de l’UE, même si certaines organisations regrettent le manque d’audace de Bruxelles sur la question des contaminations par des OGM. De leur côté, des industriels européens soulignent que le secteur bio doit rester un marché unique et que les aides dont il bénéficie ne doivent pas créer des distorsions de concurrence. Les ministres de l’agriculture des 25 s’exprimeront à leur tour sur le sujet le 21 juin à Luxembourg, lors d’un débat public.
Les organisations professionnelles et coopératives agricoles de l’UE, Copa et Cogeca, ont accueilli favorablement le plan de Bruxelles, en « regrettant toutefois que l’organisation interprofessionnelle des filières de production ne soit pas encouragée » dans le but de réduire les coûts « tout en rémunérant les producteurs de façon satisfaisante ».
Le Copa et la Cogeca se félicitent en particulier du projet de lancement d’une campagne communautaire d’information et de promotion (notamment sur le logo européen) et de la recommandation de la Commission aux États membres, en vue de l’utilisation des différentes mesures de développement rural pour soutenir le développement de l’agriculture biologique. Les deux organisations notent que cette politique de soutien devrait être « encadrée et appliquée à l’intérieur d’une fourchette définie au niveau communautaire, en fonction des conditions de production régionales ».
Enfin, le Copa et la Cogeca se félicitent des actions visant à renforcer les normes communautaires et les exigences concernant l’importation et l’inspection, une politique qui permettra selon elles de réduire les disparités nationales à ce niveau, de s’assurer que les importations respectent les règles européennes et de développer les exportations vers les pays tiers.
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Mise en garde de l’industrie contre la concurrence déloyale
Pour sa part, la Confédération des industries agroalimentaires de l’UE (CIAA), se félicite du fait que le plan de Bruxelles ne prévoit « pas d’aides permanentes » aux producteurs mais seulement des aides au démarrage d’exploitations agricoles biologiques. Le bio « doit rester une niche commerciale », estime l’un de ses représentants, qui ajoute que les marges de manœuvres laissées aux États membres pour soutenir l’agriculture bio « ne doivent pas conduire à une remise en cause du marché intérieur en créant des distorsions de concurrence ». Autre sujet d’inquiétude pour la CIAA, la promotion des produits issus de l’agriculture biologique « ne doit pas être présentée comme une alternative aux autres aliments ».
A noter qu’en France, certains industriels rechignent à abandonner leur logo AB, utilisé depuis plus de 10 ans au profit du logo européen « inconnu du public » et dont le graphisme rappelle trop les autres labels européens d’IGP.