L’association de consommateurs de Belgique, Test-Achats, a analysé la teneur en acrylamide – potentiellement cancérigène pour l'homme – de plus de 80 aliments consommés quotidiennement. Si les résultats sont plutôt rassurants pour les aliments vendus en Belgique, l’Association réclame toutefois l’adoption de limites légales plus strictes et contraignantes.
L’association de consommateurs de Belgique, Test-Achats, a analysé la teneur en acrylamide – potentiellement cancérigène pour l'homme – de plus de 80 aliments consommés quotidiennement. Si les résultats sont plutôt rassurants pour les aliments vendus en Belgique, l’Association réclame toutefois l’adoption de limites légales plus strictes et contraignantes.
Comme on le sait, en avril 2018, le nouveau règlement européen sur l’acrylamide a fixé des valeurs de référence plus strictes par catégorie d’aliments (chips de pommes de terre, frites, biscuits et gaufres, etc.). Dix associations de consommateurs de l’UE (dont Test-Achats en Belgique et Que Choisir en France), ont analysé la teneur en acrylamide de plus de 500 aliments consommés quotidiennement. Selon Test-Achats, les résultats des analyses de 80 aliments vendus en Belgique sont plutôt rassurants puisque seuls 4 produits sur 80 ont affiché une teneur en acrylamide supérieure aux valeurs indicatives fixées par l’UE. Il s’agit de deux sortes de chips : Cora chips Paysannes et Trafo Hand cooked chips et deux types de biscuits : Delhaize Nic Nac et Eco biscuits Smic Smac.
L’association estime cependant qu’il y a encore des possibilités de faire mieux, comme l’a montré la firme Eco Biscuit qui fabrique les Smic-Smac. Après avoir été informée des résultats des tests, la firme a en effet décidé de modifier sa recette et la nouvelle formule proposée affiche une teneur en acrylamide 8 fois moins élevée que la précédente.
« Cela montre deux choses », affirme Test-Achats: « Primo, qu’il est parfaitement possible d’adapter le processus de production pour diminuer la teneur en acrylamide des produits et secundo, que les valeurs de référence actuelles sont trop permissives ». Celles-ci, selon elle, devraient être plus ambitieuses afin de réduire encore les taux d’acrylamide et d’arriver à un niveau aussi bas que possible dans le produit final. Test-Achats déplore, qu’à l’heure actuelle, aucune forme de sanction directe n’est appliquée à l’encontre des exploitants du secteur alimentaire dans le cas où les normes fixées par l’UE ne sont pas respectées. L’Association estime que les mesures devraient être contraignantes afin de motiver davantage les producteurs à limiter les teneurs en acrylamide. Avec la fixation de limites légales, les produits non conformes (au-dessus des limites) devraient être, selon elle, retirés du marché. Des valeurs de référence devraient également être prévues pour certaines catégories de produits qui n’en ont pas, telles que les chips de légumes qui donnent aux consommateurs l’image d’une alternative saine aux chips de pommes de terre alors que leur quantité moyenne d’acrylamide est supérieure à celle trouvée dans les chips de pommes de terre.
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L’industrie hostile à des limites légales contraignantes
Si elle a salué les bons résultats des analyses des teneurs en acrylamide en Belgique, la Fédération de l’industrie alimentaire belge (Fevia) considère en revanche que « réclamer des limites légales plus strictes est actuellement hors propos ». Son porte-parole explique que, depuis l’adoption du règlement sur les acrylamides en avril 2018, les entreprises alimentaires doivent tenir compte de toute une série de facteurs qui, ensemble, sont susceptibles de donner naissance à l’acrylamide. Les entreprises prennent également en compte « les facteurs agronomiques spécifiques, comme la sélection des cultures et des variétés les plus appropriées ». Cette approche européenne, selon lui, « encourage les entreprises à s’investir continuellement pour diminuer l’acrylamide dans les produits alimentaires. Et les résultats de l’analyse menée par Test-Achats auprès de 80 produits alimentaires confirment que cette méthode est efficace ».
La Fevia se dit dès lors favorable à cette nouvelle approche européenne et plaide pour poursuivre sur cette voie car l’introduction de limites légales pourrait, dit-elle, entraîner « des réactions trop drastiques ». La Fevia plaide pour continuer à peaufiner l’approche actuelle au niveau européen et à soutenir les entreprises dans la recherche de solutions innovantes afin de continuer à réduire la teneur en acrylamide. Par ailleurs, elle considère important de sensibiliser les consommateurs, par exemple, « en évitant de cuire, frire ou rôtir à des températures trop élevées et à lire attentivement le mode de préparation prescrit par le producteur ».