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Stratégie Actimel contribue à la mine florissante du groupe Danone

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L’aliment santé a de réelles vertus. Le groupe Danone s'en veut la preuve, qui arbore une croissance organique des ventes de 6% à plus de 13,5 milliards d'euros en 2002, et un bénéfice net « record » de 1,28 milliard d'euros, grossi il est vrai par la plus-value réalisée sur la cession de son activité bière. Loin de céder à la morosité ambiante, le numéro un français se sent de taille à réaliser cette année une nouvelle progression organique du CA de 5 à 7%, et d'améliorer sa marge (11,7% en 2002) de 20 à 40 points de base. « La qualité de la plateforme de Danone et sa faible exposition au contexte géopolitique actuel » permet de délivrer cette fourchette, assure Franck Riboud, qui redit sa confiance en tout ce que le groupe a construit. Le p.-d.g. se satisfait particulièrement de la vigueur de la marque Actimel, qui, en 2002, a vu ses ventes fortifées de près de 40 % dans le monde.

 Le groupe Danone va bien, au point d’être allé au-delà de ses objectifs en 2002, sur toutes les lignes, se félicite Franck Riboud. Cette grande forme, il l’attribue aux performances de la marque Danone, en progression de 9% dans le monde, aux gammes de produits allégés et plus largement aux produits laitiers frais.

Une locomotive pour les produits frais

Ceux-ci gagnent des parts de marché dans tous les pays grâce à la petite bouteille Actimel, dont les ventes ont bondi l'an passé de 36% dans le monde, pour atteindre 479 millions d’euros. La moitié de cette croissance est engendrée par l’Espagne, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie et la France.

Le groupe ne précise pas le poids de la marque dans l’Hexagone mais indique qu’elle s’impose comme le leader en Europe avec 80% du marché, bien loin devant le produit d'origine japonaise, Yakult, pourtant précurseur de longue date sur ce segment. A la suite de Danone, d’autres opérateurs se sont engouffrés dans la brèche tels Lactalis avec BA Dose, qui, depuis, a jeté l'éponge, Nestlé avec LC1, et l’allemand Müller, dont les produits sont distribués outre-Rhin et en Italie. Gage du succès et de la confiance de Danone en son produit, le groupe lui dédie trois usines, en Belgique, en Espagne et en Pologne.

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Du bon équilibre à l’international

Ce qui se portait bien a donc continué sur sa lancée, constate Franck Riboud. Quant aux activités qui donnaient quelques signes de faiblesse, elles se sont vu apporter des « solutions ». Ainsi par exemple des biscuits au Brésil, dont la décroissance a été ralentie. Figurent au nombre des remèdes l’innovation dans les produits et les campagnes publicitaires très soutenues.

Enfin, le dirigeant a tout lieu de se réjouir des résultats à l’international (6,4 % de croissance organique hors de l'Europe occidentale). L’Asie en particulier compte désormais parmi les piliers du groupe : en croissance de 12% environ, elle pèse plus de 15 % du CA, en dépit des crises qu’elle a traversées. Franck Riboud balaie du reste l’évocation par d’aucuns des risques liés aux pays émergents : « Notre stratégie consiste à équilibrer les zones les unes par rapport aux autres», explique-t-il. Et de souligner, sans accepter de préciser davantage, la croissance « incroyable » qu’enregistre le groupe en Russie avec ses produits laitiers frais, et les « très forts taux de progression » constatés au Mexique. En guise de « zone relais » pour le futur, il vise le Moyen-Orient, où il entend construire des positions de numéro un ou deux sur deux métiers, affirme-t-il.

En Europe occidentale, où il a enregistré une croissance de 5,5%, hors la France, le groupe dément les récentes rumeurs, qui faisaient état des discussions avec le néerlandais Numico, spécialisé dans les aliments pour bébés, les suppléments alimentaires et les aliments cliniques (4,33 milliards d’euros de CA en 2001). Après avoir rencontré des difficultés dans son process industriel au début de 2002, la marque de produits infantiles Blédina, intégrée dans l'activité produits laitiers frais, a retrouvé une progression « à deux chiffres ».