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«Le gouvernement français joue plutôt bien sa partition à Bruxelles. Même si, parfois, il la joue un peu trop fort... » : ce commentaire d’un haut fonctionnaire européen résume les réactions que provoque à Bruxelles l’activisme dont fait actuellement preuve Paris dans le domaine agricole. Du côté de la Commission européenne, du moins de ceux qui, en son sein, sont chargés du dossier, la satisfaction est de mise : Bruno Le Maire, dit-on, « fait un travail de fond utile », s’efforçant de rassembler le plus d’Etats membres possible autour d’une certaine idée de la Pac. Et, en la matière, son meilleur « coup » est d’avoir décroché la position franco-allemande du 14 septembre 2010 « pour une Politique agricole commune forte au-delà de 2013 ». Une déclaration commune que le ministre français de l’Agriculture s’est ensuite appliqué à « vendre » à ses autres homologues de l’UE, alors que Berlin restait très discret. Bruno Le Maire est d’ailleurs régulièrement le premier, voire le seul, à prendre les devants, à s’exposer. On a pu le constater pour le dossier du lait ou encore, plus récemment, pour les droits de plantation dans le secteur viticole. D’où sa tendance, parfois raillée à Bruxelles, à s’octroyer les mérites des décisions prises au niveau communautaire, comme si la Commission ou ses partenaires n’y étaient pour rien ou presque...
Le ministre français a, de plus, l’avantage d’être totalement soutenu par son gouvernement, ce qui n’est pas le cas dans toutes les capitales de l’UE, s’agissant de l’agriculture. Sa position est systématiquement confortée par le chef de l’Etat. Ainsi, même s’il réclame une stricte limitation des dépenses communautaires dans le contexte économique et financier actuel, Nicolas Sarkozy plaide pour le maintien du budget de la Pac « à l’euro près » après 2013.
Il est évident enfin que Paris a moins de mal à se faire entendre à Bruxelles sur les questions agricoles depuis que Dacian Ciolos a succédé à la très libérale Mariann Fischer Boel. Le commissaire roumain à l’agriculture et le gouvernement français ont en effet une vision assez proche du rôle et de l’importance du secteur agricole.
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