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Bioénergies Adapter les infrastructures de biocarburants en Europe

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Afin d’atteindre les objectifs européens d’utilisation d’énergies renouvelables dans les transports et de réduction des émissions de gaz à effet de serre, un travail sur les infrastructures de carburants alternatifs doit être mené afin de faciliter l’accès à ces carburants par les consommateurs. Dans un rapport, le groupe d’experts sur les carburants du futur propose notamment d’augmenter les quantités maximales d’incorporation de biocarburants.

«Actuellement, il y a un manque d’harmonisation des infrastructures de carburants alternatifs en raison de niveaux de développement différents dans les États membres. Ce développement fragmenté entraîne des coûts élevés, entrave l’acceptation des consommateurs, et empêche les économies d’échelle que le marché unique pourrait apporter », note le groupe d’experts européens sur les carburants du futur dans un récent rapport sur les infrastructures pour les carburants alternatifs. « Durant la dernière décennie, les actions politiques se sont surtout préoccupées du développement de carburants et des véhicules alternatifs, en négligeant la mise en place d’infrastructures alternatives », indiquent les experts. Ils recommandent donc qu’une stratégie européenne dans le domaine soit lancée pour le court et le moyen terme.
Par rapport à d’autres sources alternatives comme l’électricité ou l’hydrogène, les biocarburants nécessitent des modifications d’infrastructures mineures, notent les auteurs du rapport. Aussi, estiment-ils que « construire et maintenir différents systèmes d’infrastructures en parallèle est un défi mais n’est pas insurmontable ». En dehors de l’éthanol, qui ne peut pas être transporté par pipeline, les autres formes de biocarburants (biodiesel notamment), peuvent être mélangés et distribués par les infrastructures existantes pour le pétrole, tant que le mélange reste dans la concentration compatible avec la directive qualité des carburants et les technologies existantes pour les véhicules standards.

Augmenter le taux d’incorporation
Parmi les freins au développement des biocarburants, le rapport pointe le fait que les constructeurs de véhicules flex-fuel ne bénéficient pas de crédit carbone car le nombre de stations distribuant de l’E-85 (85% d’éthanol et 15% d’essence) est trop faible. Pourtant, « la Suède est un bon exemple de la façon dont l’infrastructure de ravitaillement a pu être montée en obligeant les propriétaires de pompes à fournir au moins un carburant de remplacement par station », remarquent les experts sur les carburants du futur. Encore trop peu d’Etats membres ont généralisé l’E10, regrettent-ils également. La Commission européenne est en train de préparer une étude d’impact sur ce qui devrait être fait en priorité par les Etats membres pour atteindre les objectifs de 2020 en matière d’énergie renouvelable dans les transports. Le groupe d’experts estime qu’une harmonisation du marché des biocarburants au sein des pays de l’UE serait nécessaire.
Ils recommandent également à la Commission de travailler à faire évoluer la directive sur la qualité des carburants afin de permettre une augmentation de la quantité maximale de biocarburant qui peut être incorporée à l’essence ou au diesel. Mais pour cela, Bruxelles doit d’ores et déjà établir un calendrier de travail car ce type de démarche prend beaucoup de temps. Les rapporteurs proposent notamment d’évaluer l’intérêt de passer à des niveaux plus importants d’incorporation de biocarburant comme de l’E25 ou du B30 si leur durabilité peut être assurée.

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