Les 25 sont parvenus à un accord sur une révision des règles en vigueur concernant les additifs alimentaires. Le nouveau texte consacre la diminution des doses maximales de nitrate et de nitrites, ces agents conservateurs utilisées dans les viandes, poissons et fromages. Les nouveaux dosages doivent réduire autant que possible les teneurs des aliments en nitrosamines, ces agents cancérigènes libérés par l’association de nitrates et de nitrites. Par ailleurs, de nouvelles substances ont été autorisées et d’autres interdites.
A l’exception du Danemark, de la Belgique et de la Hollande, qui réclamaient plus de garanties pour la santé des consommateurs, les ministres de la santé des 25 sont finalement parvenus à s’entendre sur une proposition de mise à jour des directives en vigueur sur les additifs alimentaires.
Le nouveau texte met à jour la directive 95/2/CE (additifs autres que les colorants et édulcorants) et la directive 94/35/CE sur les édulcorants, en tenant compte de l’évolution des connaissances scientifiques et des progrès techniques.
moins de conservateurs dans les viandes
Le nouveau texte consacre l’abaissement des doses maximales de nitrates (E 251 et E 252) et de nitrites (E 249 et E 250), ces agents conservateurs utilisés principalement dans les produits à base de viande, mais aussi dans les fromages et poissons. Dans un avis rendu le 26 novembre 2003, l’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) affirmait en effet la nécessité de diminuer les doses maximales de nitrates et de nitrites afin de limiter autant que possible la teneur des aliments en nitrosamines, des agents cancérigènes libérés par l’association de nitrates et de nitrites lors de la cuisson ou dans l’estomac pendant la digestion.
La méthode retenue consiste à établir, pour chaque catégorie d’aliment, des doses maximales de nitrates et de nitrites, les valeurs étant définies en tant que « doses d’adjonction » et non plus après vérification des « doses résiduelles » comme c’était le cas jusqu’à présent. Selon l’EFSA, la mesure des valeurs résiduelles s’avère en effet peu pertinente tant du point de vue scientifique que sanitaire. Les doses exactes pour chaque type de produit sont fixées dans le nouveau texte. Mais, à l’insistance du Royaume-Uni et d’autres Etats membres, qui souhaitaient préserver leur fabrication de viande traditionnelle, des exemptions ont toutefois été accordées, sous forme de « doses résiduelles maximales ». La Belgique, la Hollande et le Danemark, qui voulaient des règles plus strictes et homogènes, ont dû s’incliner. Toutefois, les dérogations ne sont accordées qu’à titre exceptionnel et les produits bénéficiant de l’exemption clairement identifiés.
En ce qui concerne le fromage, la dose autorisée devrait être définie en tant que dose d’adjonction dans le lait de fromagerie, précise le texte.
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De nouvelles substances autorisées…
Le pullulan, un nouveau polysaccharide, le butylhydroquinone tertiaire (BHQT), un anti-oxydant, et quelques autres produits ont été ajoutés à la liste positive des produits autorisés. Par ailleurs, l’érythritol, un édulcorant, a été juge acceptable par l’EFSA et les ministres.
…et d’autres interdites
La directive confirme le retrait du marché des produits de gelée en mini-barquettes contenant des gélifiants alimentaires dérivés d’algues et de certaines gommes, en raison des risques de suffocation que ces produits font courir aux consommateurs.
Par ailleurs, de nouvelles restrictions sont formulées à l’égard de l’hémicellulose de soja en raison de son potentiel allergisant, lequel augmente notamment dans les pommes de terre préfrites, les substances aromatiques et les confiseries gélifiées. L’utilisation de ce produit est désormais prohibée dans les aliments non transformés où la présence de soja n’est pas attendue.
Crustacés et litchis
Enfin, la nouvelle directive modifie aussi les normes concernant les sulfites utilisés pour traiter les crustacés cuits, les raisins de table et les litchis (E 220 à E 228). Les sulfites sont considérées comme présentant un risque potentiel pour les asthmatiques et leur dose a été par conséquent, rabaissée au niveau le plus bas possible (dose maximale inférieure a 10 mg/kg).