Tout se tient. En amont de l’agriculture, dans le secteur des engrais, un regroupement majeur pourrait se faire autour de PotashCorp. Un groupe chinois s’y prépare. Dans le secteur voisin, l’agrochimie, c’est un des ténors du secteur, l’israélien Makhteshim Agan qui serait, lui aussi, racheté par un chinois ; en aval de l’agriculture, concentration également et chez les pays émergents aussi : le brésilien JBS ne cesse de grandir et transforme maintenant 13 millions de tonnes de viandes quand les premiers français, Doux et Bigard, en traitent tout juste 2 millions de tonnes chacun.
Entre les deux domaines, l’agriculture, française en particulier, adossée à une coopération agroalimentaire bien modeste encore. Si l’on en juge par les données de Coop de France, le ténor français, In Vivo est au sixième rang européen. Notre vaillant n° 2, Sodiaal, est au dixième rang.
Pendant que nos concurrents ne cessent d’élargir leurs affaires, en France, c’est la bagarre au sein même des filières. Une bagarre pour quelques euros la tonne de lait ou quelques centimes le kilo de viande. Une bagarre vitale, il est vrai, pour les éleveurs. Mais il faut se rendre compte que si les industriels, coop ou privés, ne sont pas en mesure de les accorder, ce n’est pas parce qu’ils sont trop puissants. C’est parce qu’ils ne le sont pas assez.
Voilà pourquoi le drame de ces bagarres au sein des filières n’est pas seulement le fait que les agriculteurs se sentent obligés de monter à l’assaut des usines pour défendre leur gagne-pain. Le drame, c’est que s’installe l’impression que cette usine est moins un client et surtout un allié qu’un adversaire.
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