L’Autorité européenne de sécurité alimentaire a rendu public un avis sur l’étiquetage des allergènes. Douze ingrédients devront être étiquetés quelle que soit leur présence en terme de volume dans un produit.
Quelle quantité d’un aliment faut-il faire ingurgiter à un individu fortement allergique pour qu’il ait une réaction ? L’Autorité européenne pour la sécurité des aliments (AESA) n’a pas de réponse. En fait, elle n’a pas tenté d’infliger cette torture à un panel de consommateurs allergiques, pas osé tester leur degré de sensibilité. Raison « d’ordre éthique », fait-elle remarquer dans un avis rendu public le 26 mars. Conséquence, l’Autorité n’est pas en mesure de proposer à la Commission de Bruxelles des « doses-seuils », en deçà desquelles, les ingrédients connus pour être allergéniques pourraient ne pas être étiquetés.
Nouvelle directive
Il faut dire que, hormis les problèmes liés à l’expérimentation, l’exercice est difficile. Process industriels, interactions entre les divers composants des produits, les allergènes réagissent à tout. Tout peut renforcer leur potentiel d’allergénicité. Quelle que soit leur présence dans les aliments composés, ils devront donc apparaître sur les étiquettes dès l’entrée en vigueur de la nouvelle directive (2003/89/CE), le 25 novembre 2004.
Par ailleurs, dans son avis, le groupe scientifique sur les produits diététiques, la nutrition et les allergies de l’Autorité confirme l’annexe de la future législation. Sur les douze ingrédients énumérés, « tous présentent le potentiel d’entraîner des réactions allergiques chez les individus sensibles», indique le professeur Albert Flynn, président de ce groupe de l’AESA. Mais l’annexe, qui dresse la liste des ingrédients allergènes, doit être « systématiquement réexaminée et mise à jour », soulignent les scientifiques. Ils donnent une date avant laquelle une premier réexamen devra avoir eu lieu : le 25 novembre 2005, deux ans après l’entrée en vigueur du texte.
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Dérivés d’allergènes
Concernant les dérivés d’allergènes, le groupe scientifique de l’Autorité européenne est plus souple : « La possibilité que des dérivés particuliers des allergènes alimentaires soient peu susceptibles de déclencher une réaction allergique doit être évaluée au cas par cas. »
L’avis scientifique fourni par l’AESA détaille la liste des allergènes et de leur virulence. Il passe en revue les allergies, aux céréales tout d’abord, qui touchent surtout les enfants, puis aux poissons et crustacés, aux œufs, aux cacahuètes, au soja, au lait, aux noix, au céleri, à la moutarde, aux graines de sésame et aux sulfites (additifs alimentaires). Les intolérances à ces produits, essentiellement, touchent environ 1 à 3 % des adultes et 4 à 6 % des enfants. Ces personnes n’ont d’autre moyen pour éviter les intolérances que d’arrêter de consommer les allergènes.