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REDRESSEMENT/INDUSTRIE DES VIANDES Affaire Spanghero : La Lauragaise réclame un sursis

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Le patron de l'entreprise demande l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire avec continuation de l'activité. Laurent Spanghero avance l'existence de deux repreneurs potentiels dans ce dossier et montre du doigt les banques françaises, dont le soutien se fait toujours attendre.

LES juges du tribunal de Carcassonne (Aude) vont avoir à se prononcer sur le placement en redressement judiciaire de La Lauragaise réclamé mardi dernier par son p-.d.g. Laurent Spanghero. L'ancien rugbyman avait lui-même créé cette entreprise de plats cuisinés, de négoce de viande et de saucisserie en 1970 avant de la céder à la coopérative Lur Berri en 2009. C'est lui qui avait repris, le 5 juillet dernier 2013, à la barre de ce même tribunal, l'entreprise Spanghero avec l'obligation de reprendre 93 salariés de l'ancienne entité. A 74 ans, le chef d'entreprise s'était ainsi positionné dans un dossier « difficile » pour sauver Spanghero, entreprise placée en liquidation suite à la consternante affaire de la fraude à la viande de cheval vendue pour du bœuf.

UNE IMAGE LOURDEMENT ÉCORNÉE

Pendant des semaines, la firme de Castelnaudary avait fait l'objet d'un lourd traitement médiatique qui avait totalement détruit son image de marque. « Le placement en redressement judiciaire, c'est aujourd'hui la meilleure solution pour que la société puisse survivre et que les cent emplois soient sauvés. Le chiffre d'affaires n'est pas au rendez-vous. Les promesses faites notamment par des acteurs de la grande distribution au moment de la reprise de la société n'ont pas été tenues et le crédit-bail qui nous a été imposé est beaucoup trop lourd à rembourser. Nous n'avons pas été aidés. Certains agréments sanitaires sont arrivés très tardivement, le 14 février », raconte Laurent Spanghero qui fustigeait, mardi dernier, le 27 mai l'attentisme et la frilosité des banques. « Je considère qu'il n'y a aujourd'hui plus de banque en France pour aider les entreprises alors que je suis personnellement capable de présenter une garantie de 800 000 euros », poursuit-il. Laurent Spanghero réclame du tribunal la poursuite des activités, mettant en avant l'existence de deux repreneurs potentiels, dont l'un d'entre eux est capable de débloquer 3,5 millions d'euros, mais à la condition que le crédit-bail soit sérieusement renégocié.

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Laurent Spanghero veut encore croire à un développement commercial dans les semaines qui viennent dans le domaine de la saucisserie, après pratiquement dix mois de difficultés successives, qui n'ont pas permis d'atteindre les 2 millions d'euros de chiffre d'affaires escomptés en fin d'exercice. « Nous sommes partis d'une feuille blanche. Lorsque nous sommes arrivés, après le jugement, il n'y avait plus de client et une évaluation du stock qui n'était pas bonne », rappelle Laurent Spanghero. Ce dernier avait réclamé, en vain, devant la cour d'appel de Montpellier un assouplissement des obligations, notamment sociales, attachées au jugement de reprise du 5 juillet 2013. Au moment de l'annonce de l'ouverture de la procédure de dépôt de bilan, les employés de La Lauragaise se sont contentés de saluer le courage et l'engagement de Laurent Spanghero pour sauver leur entreprise.