Pause dans la délivrance des droits de plantation, baisse des rendements et arrachage temporaire des vignes... telles sont les propositions de la Confédération des coopératives vinicoles de France (CCVF) pour remettre la filière sur les rails, alors que la consommation continue de régresser et que l’export patine. Les coopératives souhaitent que la réforme de l’OCM programmée en juin prochain réoriente vers des actions de promotion les budgets consacrés jusqu’ici à la distillation de crise. Le lancement de nouvelles marques est également jugé indispensable.
Prouver à Bruxelles que les professionnels peuvent maîtriser la production, et obtenir en échange une réorientation des budgets européens vers les actions de promotion. Tel est le mot d’ordre de Denis Verdier, le président de la CCVF. « Les financements européens ont jusqu’ici toujours été consacrés à la distillation, à la destruction de la production, mais jamais à la conquête des marchés et à l’investissement commercial. Ceci est dépassé. Qu’on nous donne le pouvoir réglementaire de maîtriser la production, qu’on réoriente les aides vers l’aval, et en contrepartie nous assumerons l’organisation des marchés, c’est-à-dire la baisse des rendements », explique le président des coopératives. « Nous voulons entrer dans un schéma de « co-responsabilité » avec les pouvoirs publics », résume t-il.
« Balayer devant sa porte »
En signe de cette bonne volonté, Denis Verdier propose de « faire une pause drastique », dès les prochaines vendanges, dans la délivrance des droits de plantation, sauf pour les jeunes agriculteurs. Les syndicats AOC sont appelés à « balayer devant leur porte » et à baisser les rendements dans les régions (« y compris les plus prestigieuses ») qui connaissent d’importants stocks et de faibles cours (bordelais, beaujolais, maconais, Loire, certaines productions méridionales...). Parallèlement, la CCVF demande à Bruxelles la mise en place d’un dispositif d’arrachage temporaire (sur 8 ans) pour les vignobles qui le souhaitent. La réforme de l’OCM prévue en juin prochain est l’occasion à ne pas manquer pour inscrire cette mesure noir sur blanc, estime Denis Verdier. Refusant de chiffrer le volume global de vignes à arracher, le président de la CCVF estime néanmoins qu’il pourrait être nécessaire d’arracher 4 à 5000 hectares supplémentaires en 2004 dans le Languedoc (10 000 ha ont déjà été arrachés en 2002-2003 dans cette région). Le Sud-ouest, la Bourgogne, le Val de Loire sont également cités.
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Séduire les jeunes
Denis Verdier juge par ailleurs impératif de lancer, avec le négoce, de nouvelles marques de vins qui puissent séduire les jeunes et l’export. « L’AOC, seule, n’est plus en mesure d’être la locomotive (...) et nos concurrents sont sur des produits plus jeunes, plus fruités, avec des étiquettes qui ne sont pas compliquées », explique t-il. « La marque doit être en complémentarité avec l’AOC ; or un des problèmes en France est que le négoce se soucie plus d’acheter des vignes que de s’investir dans les marques. Les vignes, c’est pour les jeunes qui s’installent ! » insiste Denis Verdier. « Le marché national est saturé et notre survie dépend du marché international », conclut le chef de file des coopératives.
Toutes ces propositions devront faire l’objet d’un débat dans les coopératives avant validation en congrès annuel les 30 juin et 1 er juillet 2004 à Paris.