Présent sur les emballages depuis 2017, le Nutri-Score fait de nouveau débat alors que l’Union européenne envisage de rendre obligatoire l’affichage d’un logo nutritionnel sur les emballages alimentaires dans le cadre de sa stratégie « De la ferme à l’assiette ». Le Nutri-Score est soutenu par de nombreuses organisations de défense des consommateurs et de santé publique comme La Ligue contre le cancer ou Foodwatch, mais il a aussi ses détracteurs. Industriels et organisations de producteurs lui reprochent de ne pas prendre en compte la quantité du produit réellement consommée par l’acheteur. Le Nutri-Score est calculé sur 100 g ou 100 ml du produit et non sur la portion indiquée dans le tableau nutritionnel à l’arrière de l’emballage, fixée librement par l’industriel. Prendre en compte la portion recommandée améliorerait mécaniquement la notation des produits mal notés (gras, sucrés, salés). Cette demande de longue date des grandes compagnies industrielles (Coca-Cola, Unilever, Mondelez…) a été reprise ces derniers mois par des organisations de producteurs de produits traditionnels comme la Confédération générale du Roquefort qui demande l’exemption de l’affichage obligatoire pour les produits sous IGP et qu’il soit réservé aux produits ultra-transformés. Le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie s’est dit favorable à une révision du Nutri-Score pour un calcul à la portion et a annoncé, le 12 octobre, la réouverture de la réflexion sur la méthodologie du Nutri-Score. « Il ne faudrait en aucun cas que le Nutri-Score ait un impact sur nos beaux produits du territoire », avait-il déclaré devant l’Assemblée nationale. L’eurodéputé Éric Andrieu pointe, lui, les limites de l’outil qui ne tient pas compte des additifs et des conservateurs. Il signale également que « des éléments donnent à penser que l’industrie agroalimentaire a récupéré à son compte le concept pour ne surtout pas faire d’ombre à ses plats préparés bardés de sels et d’additifs ». Pour ses défenseurs comme pour ses détracteurs, le Nutri-Score doit être amélioré.
Le ministre s’est dit favorable à une révision du Nutri-Score
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