« Il faut rendre l’agriculture sexy pour attirer les jeunes », a déclaré Sana Tiementa, vice-présidente de la Fédération nationale des jeunes ruraux au Mali, lors d’un colloque sur l’emploi et l’agroalimentaire en Afrique organisé par Farm à Paris, le 8 décembre. L’enjeu – de taille – a été rappelé : 50 % de la population africaine a moins de 18 ans, affirme Hamidou Anne, responsable du Plan public Sénégal Émergent. En outre, Pape Samb, responsable du Réseau international d’innovation des jeunes, affirme que « 72 % des jeunes vivent en milieu rural ». Pour « attirer » ces jeunes vers l’agriculture, plusieurs défis ont été identifiés. Parmi eux, développer des formations agricoles pour les jeunes ne sachant ni lire, ni écrire, rendre disponibles des terres agricoles, sécuriser des débouchés pour la production. Par ailleurs, un des enjeux est aussi de « protéger » les producteurs. Hamidou Anne développe à propos de la concurrence avec les économies des pays occidentaux : « Nos économies sont très faibles par rapport à celles des pays du Nord. Alors oui, il faut une dose de protectionnisme à nos frontières ». Ce patriotisme économique est promu pour aller vers une autosuffisance alimentaire et un soutien des producteurs locaux.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Attirer les jeunes ruraux du continent africain vers l’agriculture, ce n’est pas seulement un débat agricolo-agricole. C’est le milieu rural lui-même qu’il faut rendre attractif. Sana Tiementa explique que les tentations de fuir le milieu rural pour la ville ou l’Europe sont courantes. « Pour ces jeunes, la ville, c’est la lumière, les beaux habits, les voitures… », décrit-elle. Pour redonner de l’avance au milieu rural dont ils sont issus, elle rappelle que le défi d’électrification est majeur : « Nous n’avons même pas 50 % d’électrification au Mali ». Et il n’est pas insurmontable. « Nous avons du soleil à revendre », souligne-t-elle en rappelant que l’énergie solaire serait une partie de la solution pour sortir le milieu rural de la pauvreté.