Faute d’en être normalement écoutés, les industriels de l’agroalimentaire sont invités par l’Ania à boycotter l’Agence française de sécurité des aliments (Afssa). L’expertise industrielle doit avoir une place au sein de l’Agence et l’industrie alimentaire veut aussi pouvoir exercer, tout autant que les associations de consommateurs, un droit de saisine collective. Ce ne serait rien d’autre que le modèle de l’Agence européenne …
Le torchon brûle entre l’Ania et l’Afssa (Agence de sécurité sanitaire des aliments) au moment d’ailleurs où celle-ci doit changer de directeur général. L’association de l’industrie alimentaire s’est vue refuser la possibilité de participer au groupe de travail sur les profils nutritionnels, contrairement aux organisations de consommateurs, note le dernier Flash de l’Ania. En conséquence, elle a décidé « de décliner toute proposition d’audition ponctuelle et elle recommande aux industriels de procéder de même tant qu’un nouveau mode de fonctionnement qui permettrait aux experts de l’industrie d’être présents, de s’exprimer et d’échanger lors de la phase d’instruction de l’expertise ne sera pas instauré ». Soucieuse du respect de l’indépendance de l’Afssa qui est un gage de sa crédibilité, l’Ania n’entend pas intervenir dans le processus de rédaction ni de validation des avis : elle demande seulement que l’expertise industrielle soit reconnue et utilisée.
Des recommandations disproportionnées
Par ailleurs, poursuit le Flash, comme pour le rapport sur les glucides, les recommandations qui concluent le rapport sur les acides gras trans (AGT) sont disproportionnées voire déconnectées des conclusions scientifiques. Là où l’AESA, au niveau européen, sur la base d’un bilan scientifique similaire, conclut à l’absence de nécessité de prendre de nouvelles mesures de gestion de risque, l’Afssa propose des réductions drastiques de consommation et l’étiquetage des AGT (alors que seuls 42% des Français pensent qu’ils ont un effet néfaste sur la santé !).
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Les questions et réactions qui ont suivi la présentation publique du rapport ont d’ailleurs mis en évidence que l’évaluation devrait être poursuivie et complétée, notamment en y associant les scientifiques de la nutrition animale. Cela ne fait que confirmer la « légèreté » avec laquelle les mesures de gestion de risque ont été proposées et publiées.
Pour un droit de saisine
Autre sujet sur lequel les industriels ne sont pas satisfaits, la saisine de l’Agence : « L’Ania avait essayé de faire saisir l’Afssa par les administrations de tutelle de l’agence fin janvier, afin d’obtenir des données qui permettraient de fixer des seuils d’étiquetage d’allergènes en cas de présence fortuite. Sans succès ! C’est la preuve que la saisine directe de l’Afssa par l’industrie est nécessaire alors qu’elle continue à nous être refusée au motif que la DGAL, la DGCCRF ou la DGS pourraient nous servir d’intermédiaire ! Depuis, une association de consommateurs, la CLCV, s’est chargée de déposer cette saisine. Nous ne pouvons que nous en réjouir … et réclamer encore plus le droit de saisine de l’Afssa », ajoute l’Ania.