Voilà Nicolas Sarkozy qui se propose maintenant de faire la promotion d’une agence internationale de l’agriculture « pour éviter que nous plantions tous la même chose en même temps sur la planète ». On planifierait en quelque sorte les productions agricoles afin d’éviter les alternances de déficit ou d’excédents qui font les flambées ou dépressions de prix.
Mais le président de la république a-t-il une seconde l’illusion de croire la chose possible à mettre sur pied ? On a déjà suffisamment de mal à faire conclure un accord à l’OMC en raison des divergences agricoles, alors même qu’il ne s’agit pas de discipline mais de libéralisation !
Peut-on imaginer que les Américains changeront leurs ensemencements de blé pour tenir compte de ceux des Russes ou des Européens ? Nicolas Sarkozy oublie aussi que ces décisions sont prises par des entreprises privées, les exploitations agricoles, et que nul part au monde les volumes ne sont déterminés par des instances nationales. Seuls des quotas pourraient jouer ce rôle mais il s’agit justement de l’outil de politique agricole que l’on abandonne partout. Nicolas Sarkozy oublie aussi que les décisions d’ensemencements sont prises par ces exploitants d’abord en fonction des besoins internes. On imagine mal les Etats accepter de peser sur ces décisions pour aider à lutter contre des évolutions de prix qui seraient défavorables à d’autres Etats.
Alors, est-ce naïveté, nouvelle marotte ou la volonté d’occuper le terrain avec une idée nouvelle quitte à bercer d’illusions les crédules qui pourraient le croire ? Ou bien un coup d’audace qui a plus de chance de se réaliser que ne le croit un chroniqueur trop critique ?
En attendant, faisons déjà une bonne réforme de la Pac ce sera déjà quelque chose.

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