L’un des principaux obstacles mentionnés par les États membres de l’UE est l’intégration des normes alimentaires des écoles dans le cahier des charges des marchés publics. C’est la réponse donnée par Tennis Andriukaitis, le commissaire européen à la santé et à la sécurité alimentaire, à une eurodéputée qui l’interrogeait sur les difficultés d’approvisionnement des écoles en aliments sains.
Dix ans se sont écoulés depuis que la Commission européenne a adopté le Livre blanc « Une stratégie européenne pour les problèmes de santé liés à la nutrition, la surcharge pondérale et l’obésité » et, selon Frédérique Ries, eurodéputée libérale de Belgique, en dépit des plans d’action lancés dans certains États membres, les résultats se font toujours attendre. « Le pourcentage d’enfants en surpoids ou obèses dans l’UE est inquiétant : environ un enfant sur trois âgé de 6 à 9 ans est concerné par cette pandémie », fait-elle observer dans son interpellation de la Commission européenne. Étant donné le temps que les enfants passent à l’école et du fait que, dans de nombreux États membres, les élèves y consomment au moins un repas principal, les établissements scolaires semblent être l’endroit idéal pour soutenir une alimentation équilibrée. Et l’eurodéputée de demander quels sont les principaux obstacles que la Commission européenne a pu identifier en vue de la promotion d’une alimentation saine dans les écoles européennes. Dans sa réponse, le commissaire européen à la santé et à la sécurité alimentaire, Tennis Andriukaitis, a souligné que l’un des principaux obstacles mentionnés par presque tous les États membres au sein du Groupe de haut niveau sur la nutrition et l’activité physique porte sur l’intégration des normes alimentaires des écoles dans le cahier des charges des marchés publics. Il a expliqué qu’afin de donner des orientations relatives à l’achat d’aliments sains destinés aux écoles, un rapport sur « les marchés publics pour l’approvisionnement des écoles en produits alimentaires sains » a été élaboré sous l’égide de la présidence maltaise de l’UE, le 22 février 2017.
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Celui-ci encourage les États membres à s’attaquer à l’obésité infantile dès le plus jeune âge en vue de promouvoir des habitudes alimentaires saines. Le rapport suggère notamment que les entreprises du marché européen de la restauration collective pourraient en outre être récompensées si elles fournissent des repas et des produits alimentaires équilibrés et si elles investissent dans de nouveaux moyens visant à améliorer la santé publique. Il évoque aussi la simplification du processus d’approvisionnement en nourriture équilibrée pour les écoles en établissant une liste d’aliments et de services d’alimentations jugés sains. Un autre obstacle signalé par le commissaire européen est le budget restreint dont disposent les autorités locales chargées de gérer les écoles. Ce problème, a-t-il rappelé, doit être traité aux niveaux national et local. Il a également évoqué les travaux du Centre commun de recherche de la Commission portant sur les politiques relatives aux écoles et à l’alimentation dans les écoles qui fournissent également des informations à propos des aliments sains. De plus, a indiqué le commissaire lituanien, la Commission soutient les mesures prises par les États membres pour lutter contre l’obésité dans le cadre de la Stratégie européenne pour les problèmes de santé liés à la nutrition, la surcharge pondérale et l’obésité et par l’intermédiaire du Programme de santé, du Groupe de haut niveau et de la plate-forme d’action de l’UE relative à l’alimentation, l’activité physique et la santé. La Commission soutient aussi les États membres au travers de la mise en œuvre du Plan d’action relatif à l’obésité infantile, des initiatives de Reformulation des denrées alimentaires, et du Programme fruits, légumes et lait dans les écoles, mais aussi en renforçant les bases d’informations factuelles nécessaires à l’action, par exemple, au moyen d’une étude à long terme menée auprès de 16 000 enfants et de leurs familles et consacrée à l’obésité infantile (Idefics et le projet de suivi I.Family).
La Commission européenne dirige actuellement les travaux d’un groupe d’experts sur la question de l’alimentation et de l’activité physique, auxquels participent également des représentants des Etats membres de l’UE. L’objectif principal est de créer des programmes de réforme nationaux d’ici la fin de l’année 2017 et de permettre aux supermarchés de vendre, à des prix abordables, des produits pauvres en sel, en sucres ou en graisses.