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Résultats Agrial acquiert une nouvelle dimension dans l’industrie du lait

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Le groupe coopératif vient de prendre le contrôle de Senagral. Après une montée au capital de Délicelait, Agrial avance aussi vers une fusion avec Eurial. Des opérations qui confortent sa position de nouvel acteur de la transformation laitière.

«Jouer un rôle dans la nécessaire restructuration de la filière laitière française. » Telle est l’ambition affichée par Agrial. Le groupe coopératif monte en puissance dans le secteur, étant majoritaire dans Senagral (51 %) depuis le 1er avril. Cette coentreprise avec Senoble lui permet de devenir leader de l’ultra-frais laitier en marque de distributeur. Agrial vient aussi de monter au capital de Délicelait (65 %), fabricant d’ingrédients. En trois ans, il est passé du rang de collecteur à celui de transformateur, portant son chiffre d’affaires de 150 millions d’euros à plus d’un milliard. Avec un atout majeur, qui est d’amasser plus de débouchés par rapport à la production des adhérents. Et l’expansion n’est pas terminée, une fusion avec le leader européen du fromage de chèvre Eurial est programmée en 2015. « Il faut sortir de nos marchés de proximité, arrivés à saturation, a déclaré le DG Ludovic Spiers, en conférence de presse le 23 avril. La demande mondiale augmente et des opportunités restent à saisir. » D’autres alliances avec des coopératives sont envisagées, à condition que celles-ci valorisent correctement leur produit. « Nous ne ferons pas la voiture balai de la coopération laitière », a lancé le président Arnaud Degoulet.

Investissements records

Agrial présente des résultats marqués par des investissements records l’an dernier, à 223 millions d’euros. Son chiffre d’affaires 2012 enregistre un bond de 33 %, à 3,6 milliards d’euros. Une croissance due pour l’essentiel à des opérations de croissance externe dans l’agroalimentaire. En dehors de la branche laitière, le groupe a repris deux PME régionales du secteur viande : le spécialiste des produits élaborés Maître Jacques et le leader des rillettes Cosme. Il s’est implanté aux Etats-Unis, avec l’acquisition de Manzana, fabricant de compote, jus et vinaigre de pomme bio. Dans les légumes, sa marque Florette a mis la main sur les activités françaises et espagnoles de Bakkavör, producteur de salades, fruits et légumes prêts à l’emploi et produits élaborés. Toutes ces opérations n’ont pas entamé la bonne santé financière d’Agrial. Les fonds propres grimpent à 578 millions d’euros et « la dette reste modeste, inférieure à trois ans d’EBE » (excédent brut d’exploitation), selon Ludovic Spiers. Pour accompagner son développement, la coopérative a proposé une augmentation du capital social des producteurs de lait, le taux de souscription devant passer de 2 % à 7 % sur 5 ans. La conjoncture économique dégradée incite toutefois les dirigeants à la prudence pour les investissements en 2013. Leur montant pourrait être réduit de moitié par rapport à l’an dernier.

La volaille dans le rouge

L’exercice écoulé montre de bonnes performances économiques, avec un résultat net de 45,4 millions d’euros (+18 %). Tous les secteurs affichent une rentabilité satisfaisante, à l’exception de la volaille, qui dégage des pertes à cause des difficultés à répercuter la hausse des prix des matières premières. « Les résultats sont très homogènes, de 1,2 % à 1,8 % du chiffre d’affaires, a souligné le DG. De belles performances se dégagent en boisson, il y a un bon redressement dans les légumes et les objectifs sont atteints en lait. Seule la volaille connaît une passe compliquée. »

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