Agrial entend aller très vite sur le développement de sa branche lait et vise une envergure européenne. Outre les fusions programmées avec Coralis et Eurial, le groupe coopératif veut développer une marque sur l'ultrafrais laitier. La branche légumes devrait, pour sa part, connaître de nouveaux développements en direction de l'Europe de l'Est.
En trois ans à peine, Agrial s'est imposé comme un acteur incontournable du secteur laitier. Et la coopérative normande n'entend pas en rester là. « Nous avons une ambition européenne dans le lait. Le développement de ce marché se fera hors de l'Europe. Les lieux de consommation demain seront l'Asie, l'Indonésie, l'Afrique. Nous sommes en retard par rapport au nord de l'Europe, il faut qu'on aille très vite », a déclaré Ludovic Spiers, directeur général d'Agrial, lors de la présentation des résultats du groupe à la presse le 14 avril. Sans donner de précisions chiffrées sur l'envergure que pourrait prendre la branche lait, Agrial veut se mettre en position de discuter avec les clients du marché mondial.
C'est donc dans une optique d'investissement que la coopérative commente les résultats de cette branche, dont la rentabilité est « positive mais faible ». « Dans la branche légumes, on n'a pas été au top de la rentabilité au début », rappelle Ludovic Spiers. « Nous voulons reproduire sur la branche lait le modèle Agrial », complète Arnaud Degoulet, président de la coopérative.
UNE MARQUE DANS L'ULTRAFRAIS LAITIER
Le développement de la branche légumes s'est appuyée sur la marque Florette. « Nous voulons lancer une marque d'ultrafrais laitier, c'est une obsession. Nous l'avons fait dans d'autres métiers et nous avons eu raison », déclare Ludovic Spiers. La Roche aux Fées, marque acquise l'an passé, ne devrait pas porter cette ambition, et rester, si elle est développée, une marque secondaire. « Nous travaillons sur d'autres projets, comme l'utilisation d'une marque étrangère ou une création de marque », précise Ludovic Spiers, qui précise que le chantier pourrait aboutir en 2014 et 2015. À noter qu'Agrial dispose de l'expertise du centre R & D de Senoble, qu'il cofinance à 50 %. Pour le groupe, la création d'une marque pour valoriser les PGC (Eurial apportera Soignon dans le chèvre) viendrait utilement compléter les activités des produits industriels (Délicelait, mozzarella chez Eurial…).
GARDER UN HAUT NIVEAU DE VOLUMES À L'EXPORT
Sur un marché français de l'ultrafrais très tendu, notamment dans les MDD, Agrial doit trouver des solutions pour améliorer la rentabilité de Senagral (626 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2013, en recul de 4,2 %). Les quatre usines reprises à Senoble l'an passé tournent à plein, assure Ludovic Spiers, et elles exportent un quart de leurs volumes. Mais il faudra trouver de nouveaux débouchés pour compenser la perte de volumes engendrée par la construction de l'usine Senoble en Espagne (Senagral continuera toutefois à fabriquer certains produits). Les discussions en cours avec les Maîtres laitiers du Cotentin devraient, si elles aboutissent, optimiser l'organisation industrielle et contribuer au redressement des résultats.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
DÉVELOPPER LA QUATRIÈME GAMME EN EUROPE DE L'EST
La branche légumes (925 millions d'euros de chiffre d'affaires) a connu un important développement avec la reprise de Bakkavor (127 millions d'euros de chiffre d'affaires). « Nous avons réussi à additionner les deux fonds de commerce sans pertes », s'est félicité Ludovic Spiers. Sur un marché européen en développement (malgré un recul de 3 % en France), Agrial veut d'ores et déjà se positionner en quatrième gamme sur les grandes villes d'Europe de l'Est. « Nous voulons garder une position de leader et étendre notre périmètre géographique », explique Arnaud Degoulet. Construction de site ou rachat, les deux pistes sont étudiées « activement » pour se constituer une tête de pont à l'Est de l'Europe. À noter, après des années 2011 et 2012 difficiles, la rentabilité de l'activité est redevenue bonne en France.
5,5 MILLIARDS D'EUROS DE CHIFFRE D'AFFAIRES EN 2015
Au global, Agrial a réalisé en 2013 un chiffre d'affaires de 3,9 milliards d'euros, en hausse de 8,1 %. À 142 millions d'euros, l'excédent brut d'exploitation, a augmenté de 5 % et l'objectif est de plus de 150 millions d'euros sur 2014. Le niveau d'endettement atteint 2,7 fois l'Ebitda. Pour rappel, Agrial a levé 95 millions d'euros sous forme d'obligations privées en 2013. Le chiffre d'affaires d'Agrial atteindra 4,4 milliards d'euros dès 2014 grâce à la fusion avec Coralis. Il fera un nouveau bond à 5,5 milliards d'euros en 2015 après la fusion avec Eurial. Pour se structurer, Agrial réfléchit à la création d'un véhicule financier, comme en ont déjà créé Limagrain, Vivescia, ou, tout récemment, Terrena.
Après la reprise de Danao (les volumes sont passés de 13 millions de litres à 19 millions de litres depuis la reprise à Danone en 2007), Agrial tente sa chance avec Sunny Delight, positionné au même endroit en magasins. Orangina Schweppes a préféré lui en confier la gestion plutôt que de continuer à gérer la marque en direct. En 2013, le chiffres d'affaires de la branche boisson à progressé de 9 %, à 179 millions d'euros.