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Agrial termine l’année 2020 avec un excédent brut d’exploitation record

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La coopérative Agrial s’est adaptée aux profonds changements intervenus au printemps 2020, en réduisant les charges fixes de 40 millions d’euros et en différant certains investissements. Le chiffre d’affaires est en léger recul, notamment en raison des ventes difficiles pour le pôle agroalimentaire.

Agrial a présenté le 12 avril ses résultats pour l’année 2020 marqués par un recul de 2 % du chiffre d’affaires à 5,95 milliards d’euros, sous l’effet des aléas climatiques et d’un contexte économique très perturbé depuis le printemps 2020. Mais la coopérative surtout implantée dans l’ouest de la France a pris des mesures dès le début du confinement pour faire face à la situation : 40 millions d’euros ont été économisés sur les charges fixes et 60 millions d’euros d’investissements ont été reportés. Au final, l’exercice 2020 se termine sur une note positive puisque l’excédent brut d’exploitation (EBE) atteint « sa meilleure performance depuis la création d’Agrial », comme l’a souligné le directeur général Ludovic Spiers, à 232 millions d’euros (contre 226 en 2019). Ne donnant pas de résultat net par activité, la coopérative indique veiller à une bonne homogénéité entre les cinq branches.

Le chiffre d’affaires agroalimentaire, réparti entre les branches lait (2,4 milliards d’euros), légumes et produits frais (1,4 milliard d’euros), viandes (515 millions d’euros) et boissons (377 millions d’euros), a été touché par la forte baisse d’activité de la restauration, mais aussi de l’export à cause des fermetures de frontières. La restauration a représenté 20 % des ventes totales, mais elle est en recul de 17 % sur un an. Les ventes en GMS françaises ont en revanche un peu progressé, mais sans parvenir à compenser les pertes de chiffre d’affaires en restauration et à l’export. « Les ventes ont été touchées dans toute l’Europe et un peu plus au Royaume-Uni, où nous avons souffert et en Espagne où les ventes de salades de 4e gamme ont reculé à cause du télétravail », a expliqué Ludovic Spiers. « Et au Maroc, où nous produisons des légumes, nos approvisionnements ont été stoppés après la fermeture des sites de production », a-t-il poursuivi.

Des marques fortes qui résistent

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« Mais nous avons vu aussi tout l’intérêt de disposer de marques fortes qui nous ont permis de résister », a-t-il insisté. Florette augmente ainsi ses parts de marché dans tous les pays d’Europe et elle est entrée dans le top 50 des marques préférées des Français, rejoignant Soignon qui y était déjà. Un tiers des ventes agroalimentaires d’Agrial sont faites sous ses marques, et en grande distribution, c’est la moitié du chiffre d’affaires qui vient des marques.

La filière laitière, activité la plus importante de la coopérative fait l’objet d’une attention particulière, notamment après l’incendie de l’usine de Luçon (Vendée), en février 2020, en cours de reconstruction et d’extension : sa capacité annuelle passera de 130 millions à 200 millions de litres lorsqu’elle sera opérationnelle en 2022, correspondant à une production de 24 000 tonnes de mozzarella par an (contre 16 000 tonnes auparavant). Le site sera consacré à la fabrication de fromage à pizza, un produit source de valeur ajoutée. « Le marché du fromage à pizza augmente partout dans le monde de 2 à 3 % par an, il y a des augmentations de capacités un peu partout, mais nous sommes très attentifs à ne pas avoir des capacités excédentaires et de développer des produits qui correspondent bien aux attentes de chaque client », a indiqué Ludovic Spiers.