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Agriculteurs bio allemands et français d'accord sur la prochaine Pac

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« Les agriculteurs bio allemands et français veulent avancer ensemble », a déclaré Jan Plagge, président de Bioland (producteurs bio allemands), lors d’une conférence organisée par la Fnab (agriculteurs bio français) à Paris, le 18 mai. La position commune des deux organisations portera sur la politique, les marques et la R & D. « Sur la future Politique agricole commune, nous coopérons pour la rémunération des services environnementaux rendus par l’agriculture bio », explique Stéphanie Pageot, présidente de la Fnab. Un document devrait être présenté à l’automne. « Les deux ministres seront conviés. Et nous espérons convaincre d’autres États membres », poursuit Jan Plagge. La question de la rémunération des services environnementaux suit son chemin. Récemment, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a d’ailleurs demandé à l’Itab (institut technique de l’agriculture bio français) de travailler sur le sujet. De fait, pour rémunérer ces services, encore faut-il pouvoir les « quantifier », du moins les « suivre ». D’ici le mois de juin, les experts devraient présenter un premier travail sur des indicateurs qui permettraient de suivre les services environnementaux rendus par l’agriculture bio (biodiversité, qualité de l’eau, qualité de l’air, etc.).

Assurer un prix rémunérateur

Mis à part la vision commune sur la future Pac, les deux organisations proposent « un renforcement des marques privées Bioland et Biocohérence, comme complément à la réglementation bio européenne ». « Notre coopération en faveur du développement de nos marques privées permettra notamment d’assurer à nos adhérents un prix juste et rémunérateur », a affirmé Jan Plagge. Par ailleurs, la R & D reste une priorité des deux côtés du Rhin. « Nous travaillons sur une filière équitable pour les approvisionnements en phosphore », illustre Jan Plagge. Pour rappel, la Fnab et Bioland ont aussi investi au sein de l’Ifoam (fédération européenne des filières bio) dans le cadre d’un travail de réflexion déjà engagée sur la future Pac post-2020.

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Vers une filière bio UE durable

Cette volonté commune de la Fnab et de Bioland de pousser l’agriculture bio pour la future Pac représente « un excellent moyen de réenchanter l’Europe » alors que la crise actuelle est généralisée en conventionnel. La France et l’Allemagne font face aux mêmes limites de la Pac actuelle et de la décentralisation de la gestion du Feader. La période et les programmations budgétaires courent sur 2016-2020. Pourtant, « d’ici deux ans, la plupart des Länders n’auront plus de budget », s’inquiète Jan Plagge. Les aides bio (second pilier de la Pac) viennent à manquer outre-Rhin, comme c’est déjà le cas dans plusieurs régions françaises. Bioland demande au ministère fédéral de l’Agriculture de transférer une partie du premier pilier vers le second pilier pour faire face à la pénurie. « Les États membres peuvent faire part d’une demande à Bruxelles », explique Jan Plagge. Pour l’heure, les pouvoirs publics allemands refusent car « la crise agricole (dans le conventionnel, ndlr) est trop grave », déplore J. Plagge. Bioland espère au moins un transfert de 4 à 5 % pour 2018.

J. Plagge : « D’ici deux ans, la plupart des Länders n’auront plus de budget pour l’agriculture bio »