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Agriculteurs en difficultés, une collaboration indispensable entre organismes de conseil

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« Il faut un meilleur travail main dans la main des organismes de conseil » pour les agriculteurs en difficultés, a déclaré Charlotte Bellec, animatrice chez Solidarité Paysans Auvergne le 23 mars. Ce besoin d’un travail collectif fait partie des éléments clefs qui sont ressortis du colloque organisé le 21 mars à Clermont-Ferrand par l’association et intitulé « Difficultés en agriculture : mieux les comprendre pour mieux les traiter ». Charlotte Bellec cite par exemple « les banques qui ne vont pas avoir beaucoup d’agriculteurs sur liste rouge » puisque les intérêts d’emprunts sont honorés en premier, avant même la MSA. Elisabeth Saint-Guily, doctorante, a fait part des différents indicateurs utilisés par les organismes pour évaluer les difficultés d’un agriculteur. Banques, MSA, commission Agridiff, Code du commerce ou association, chacun a ses indicateurs, d’où la nécessité d’une homogénéisation des pratiques. Dans le même sens, trois étudiants de VetAgro Sup de Clermont ont présenté une étude sur les différents parcours d’accompagnement. Sur 18 acteurs interrogés en Auvergne (centres de gestion, MSA, banques, coopératives, associations, syndicats, chambres d’agriculture, services de l’État) chacun a « ses propres critères d’accès, son propre mode d’action, son propre mode de déclenchement et ses propres coûts et durées d’action ». Si cela permet une certaine pluralité pour les agriculteurs, la question d’un guichet unique se pose, selon eux. Charlotte Bellec pointe également du doigt la nécessité de mettre plus de pédagogie autour des comptabilités. Souvent les agriculteurs en difficultés ont fait l’impasse sur la gestion. « Ceux que l’on accompagne ont laissé cela de côté », avance-t-elle. Le partage avec l’agriculteur des résultats comptables reste pour elle primordiale. Elle note également que, même si la crise est conjoncturelle, les exploitations les plus en difficultés l’étaient déjà conjoncturellement par le passé. « Elles avaient des leviers pour s’en sortir », souligne-t-elle. Dans le Massif Central, un tiers des exploitations connaissent de réelles difficultés aujourd’hui, rapporte le CER Alliance Massif Central, présent lors du colloque.