La guerre des prix que se livrent les enseignes de grande distribution concentre les critiques du syndicalisme agricole et des transformateurs. Les fournisseurs se voient souvent contraints de refaire des propositions commerciales. Le ministre d' l'Agriculture Stéphane Le Foll compte demander des explications aux grandes enseignes.
LA FNSEA, l'Ania (Association nationale des industries alimentaires) et Coop de France ont fait part au Premier ministre Manuel Valls de « leur colère face aux ravages de la guerre des prix, poursuivie, entretenue et amplifiée par les enseignes de la grande distribution », dans une lettre du 11 juin. « Jour après jour, ce sont nos entreprises, nos emplois, la compétitivité de nos territoires, nos capacités d'innover, et nos perspectives d'exportation qui sont sacrifiés sur l'autel des parts de marché des enseignes de la grande distribution », expliquent-elles. Les fournisseurs se voient fréquemment contraints de revoir leurs tarifs à la baisse.
Les organisations révèlent que « moins de trois mois après la fin de négociations commerciales particulièrement âpres et tendues, les fournisseurs ont été re-convoqués par leurs clients de la grande distribution pour leur réclamer des compensations de marges supplémentaires injustifiées et hors contrat ». Elles demandent à Manuel Valls de « faire respecter le Code du Commerce enrichi récemment par la loi de consommation, en redoublant de vigilance face aux comportements abusifs des grandes enseignes de la distribution et en soutenant notre démarche de construire les termes d'une négociation responsable ».
Stéphane Le Foll va convoquer les distributeurs
Le ministre de l'Agriculture et de l'agroalimentaire s'inquiète de la nouvelle pression exercée par les distributeurs sur leurs fournisseurs agricoles et industriels. Il ne compte pas laisser le dossier sans contrôle et confiait, le 12 juin, qu'il va dès que possible, convoquer la FCD (Fédération du commerce et de la distribution), pour lui demander des explications.
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« Les prix bas ne sont pas forcément bien perçus par les consommateurs », a de son côté estimé le directeur général du Syndicat des industriels de la viande (SNIV-SNCP), Pierre Halliez, à l'issue de la présentation le 12 juin d'une étude IFOP sur les critères d'achat de viande des Français en grande et moyenne surface. 61% des Français interrogés sont d'accord avec l'idée que « plus le prix de la viande est bas, plus sa qualité est médiocre », selon l'étude.
«Les promotions ne stimulent pas forcément le marché », conclut le SNIV, qui a rappelé qu'il souhaitait un encadrement plus strict des promotions en grandes surfaces (durée limitée ou interdiction de la communication sur les prix de promotion à l'extérieur du magasin). «Nous sommes dans un système perdant-perdant avec la grande distribution, un système qui ne favorise que les importations étrangères, analyse Pierre Halliez.
Le SNIV estime que 50% des volumes de viande fraîche de porc vendus en GMS sont écoulés à l'occasion de promotions. « Les consommateurs sont perdus, ils ne connaissent plus le prix d'une côte de porc ».