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Space Agriculteurs et scientifiques plaident pour la régulation

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Le 16 septembre, au salon Space de Rennes, des producteurs venus d’Europe et d’Afrique, des économistes et des syndicalistes sont venus débattre des nouvelles mesures à envisager pour remédier aux défaillances des marchés agricoles.

Alors que la suppression des quotas d’ici 2015 ne cesse de faire parler d’elle, plusieurs professionnels du secteur agricole présents au Space ont lancé des pistes de réflexion sur des outils pour pallier la volatilité des prix.
Les producteurs ont mis l’accent sur le besoin d’une meilleure organisation de la filière agricole. Pedro Narro, responsable fruits et légumes du syndicat ASAJA (Espagne) a suggéré un regroupement des producteurs. Quant à Boba Dakouo, président de l’association des organisations professionnelles paysannes de Ségou (Mali), il a lancé l’idée d’une création d’organisations interprofessionnelles autour des filières. Des initiatives de rapprochement qui ont conduit à un même constat : tous, quelle que soit leur nationalité ou type d’agriculture, appartiennent à la chaîne alimentaire. Une idée creusée par Vincent Chatellier, économiste et chercheur à l’Inra qui a évoqué la nécessité de mettre un terme aux querelles entre producteurs et industriels, deux acteurs essentiels de cette chaîne au but commun : satisfaire le consommateur. Vincent Chatellier a insisté sur la nécessité d’une contractualisation entre les deux parties (contrat sur les volumes et règles collectives de fixation des prix) afin d’obtenir un meilleur partage de la valeur ajoutée. Une régulation privée qui doit bien évidemment être corrélée avec une intervention publique.
Une Pac encore et toujours réformée
Malgré le vent de libéralisation qui souffle à Bruxelles, les différents intervenants se sont accordés à dire que la suppression des outils de régulation est un écueil. « Il serait dangereux de démembrer la Pac », a expliqué Knud Buhl, directeur international de la Danish Meat Association. Un point de vue largement soutenu par Vincent Chatellier qui considère qu’une Pac innovante et préventive s’avère nécessaire. Oui mais comment faire ? En ciblant davantage les soutiens vers les nouveaux défis économiques, sociaux, territoriaux et environnementaux et en encourageant les mécanismes assurantiels grâce à un dépoussiérage des institutions. Une évolution possible si le traité de Lisbonne est ratifié par chaque Etat membre. Dans ce cas, le Parlement européen se verra octroyer davantage de pouvoir et l’Union européenne sera dotée d’une personnalité juridique unique. Une force sur la scène internationale face aux organisations internationales, comme l’OMC notamment.
Nouveau lifting pour l’OMC
Car l’OMC n’a, en effet, pas fini de faire parler d’elle, selon Vincent Chatellier. L’évolution de cette organisation devrait d’après l’économiste s’orienter vers la constitution de stocks stratégiques et de maintenir une protection aux frontières. Mais pas seulement. Elle doit aussi encadrer le développement des agro-carburants et les achats fonciers agricoles en Afrique. « Il ne faut pas voir ce type de pratique uniquement de façon négative. Les investissements privés peuvent aussi avoir des vertus s’ils sont régulés par des instances internationales », a noté l’économiste. Enfin, il a conclu en faveur d’une gouvernance mondiale dans un « monde qui a besoin de toutes ses agricultures. »

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