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Filières semencières Agriculture bio : besoin d’un cadre propice pour les semences certifiées

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Depuis 2009, les surfaces en production de semences et plants en agriculture biologique ont progressé de façon significative en France. Cette tendance serait principalement liée à la limitation du nombre de dérogations accordées pour cultiver en bio avec des semences issues d’une agriculture qui ne l’est pas. Une situation que salue le Groupement national interprofessionnel des semences et plants (Gnis) en indiquant que le marché pourrait ainsi se développer.

«La production de semences biologiques et leur sélection se heurtent à un problème de marché », indiquait François Burgaud, directeur des relations extérieures du Gnis (Groupement national interprofessionnel des semences et plants) lors d’une conférence de presse le 26 octobre. Il expliquait que les coûts de production de ces semences biologiques, liés à des rendements plus faibles en production, renchérissaient leur prix de vente.

Massifier la production biologique de semences

Si les semences biologiques ne trouvaient pas leur marché en raison d’un prix élevé, l’augmentation des surfaces cultivées pourraient les rendre plus accessibles. Cependant, un système de dérogation de l’Union européenne, permettant de produire certaines espèces en agriculture biologique avec des semences non bio, induisait, jusqu’en 2008-2009, une stagnation des surfaces cultivées en semences biologiques. C’est seulement à partir de 2008-2009 que l’UE a demandé aux États de lutter contre ces dérogations, et permis du même coup au marché des semences biologiques de décoller en France. Selon François Burgaud, le Gnis « travaille pour diminuer le nombre de ces dérogations afin de créer un vrai marché pour les semences biologiques ». Il a aussi indiqué qu’à son sens, les choses évoluaient avec l’intégration des critères VATE (valeur agronomique, technologique et environnementale) pour l’inscription des variétés au catalogue du comité technique permanent de la sélection (CTPS).

Les critères VATE soutiennent le développement du bio

« Ces critères (VATE) évaluent les interactions des variétés avec leur milieu, ce qui est bien adapté à la caractérisation des semences biologiques », a indiqué Christian Huyghe, directeur scientifique adjoint de l’Inra. La prise en compte de l’environnement permet désormais d’évaluer la résistance des plantes aux maladies et ravageurs, leur capacité à valoriser les intrants, ainsi que les interactions avec l’environnement ou leur conduite. « La VATE permet de mesurer si les cultures se comportent bien dans certaines conditions, notamment celles liées à l’agriculture biologique », a précisé Christian Huyghe. Selon lui, il faut aussi bien caractériser les milieux, au moins sur les aspects de températures et de pluviométrie, mais aussi au niveau des réserves hydriques des sols, leur état de nutrition minérale et la pression des bioagresseurs. Cependant, Christian Huyghe reconnaît que ces derniers critères sont plus difficiles à caractériser. Mais, selon lui, l’agriculture biologique fait partie intégrante du secteur agricole, et demande à ce que l’on donne plus de poids à certains critères pour l’inscription de variétés qui seraient consacrées à ce mode de culture. « On ne peut pas évaluer des caractéristiques de variétés pour l’agriculture biologique sans prendre en compte le système de culture », a souligné Christian Huyghe. Il a aussi insisté sur le fait que l’agriculture biologique constituait un champ nouveau d’innovation dans lequel la recherche variétale devait s’intégrer. Cependant, des protocoles liés à l’agriculture biologique doivent être mis en place pour permettre l’inscription de nouvelles variétés spécifiques à ce mode de culture au catalogue du CTPS.

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