Les agriculteurs de l’Apad fêtent la première année d’existence de leur label d’agriculture de conservation des sols « Au cœur des sols », avec déjà 30 000 hectares couverts par 170 exploitations labellisées. Objectif pour 2021 : se lancer sur le marché du carbone.
Après un an d’existence, 170 exploitations agricoles couvrant environ 30 000 hectares ont obtenu le label d’agriculture de conservation « Au cœur des sols », a annoncé l’association à l’origine du projet, l’Apad, qui organisait une conférence de presse le 5 mars. « Nous avons reçu une belle réception des agriculteurs », s’est félicité Sylvain Delahaye, membre du comité de pilotage du label. L’an passé, l’association visait 150 exploitations labellisées sur la première année.
Le cahier des charges devrait peu évoluer. Seulement une dizaine d’exploitations auditées n’a pas décroché le label, ce qui « montre qu’il est assez adapté aux pratiques des agriculteurs », estime Sylvain Delahaye. Une quarantaine d’exploitations en ayant fait la demande restent à auditer. Depuis un an, le collectif a tout de même fait évoluer les critères, notamment à destination de la viticulture et de l’arboriculture. Jusqu’ici l’ensemble des exploitations labellisées ont des grandes cultures sur leur exploitation.
En route vers le Bas carbone
Les perspectives de valorisation de ce nouveau label sont de deux ordres : la plus avancée se situe du côté du marché du carbone ; des démarches sont en cours auprès du ministère de la Transition écologique pour intégrer le label Bas carbone (marché volontaire), que l’association espère voir aboutir en 2021 : « Nous avons beaucoup de contacts avec des acheteurs de crédits carbone, nous sommes très confiants pour la suite », a assuré la directrice de l’Apad, Sophie Gardette.
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Pour ce faire, deux étapes restent à franchir. Il faudra d’abord que soit validée la méthode de calcul adaptée aux « grandes cultures » déposée par Arvalis, l’ITB et Agrosolutions auprès du ministère de la Transition écologique. À partir de cette méthode qui doit encore faire l’objet d’échanges entre les professionnels et les pouvoirs publics, l’Apad déposera ensuite une demande d’agrément spécifique qui permettra de valoriser les pratiques du label « Au Cœur des sols ».
La seconde piste de valorisation se situe du côté de l’étiquetage et de la promotion directe auprès des consommateurs. À défaut de pouvoir convaincre jusqu’ici de grandes coopératives, faute de volumes suffisants pour l’instant, l’Apad vise la construction de filières localisées (p.ex. des moulins). Mais pour le consultant en marketing Olivier Mével, l’agriculture de conservation « a un boulevard devant elle », entre le bio et la HVE, notamment parce que le concept est porté par des agriculteurs.