En politique et notamment dans des phases de préparation d’une nouvelle législation, il faut être attentif aux petits détails, aux signaux dont les conséquences vont souvent au-delà des mots et peuvent peser très lourd à l’avenir. Lorsque Paul Vialle, secrétaire générale de la commission d’orientation sur la loi d’orientation, affirme en substance que le modèle agricole familial « ne marche plus », lorsque Luc Guyau, président des chambres d’agriculture, affirme que « le modèle de l’exploitation familiale a vécu », on comprend que quelque chose est en train de changer. Même si Luc Guyau reconnaît qu’il s’agit d’un « pavé dans la mare » et que Dominique Bussereau juge cette analyse « audacieuse ».
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Il n’empêche : tout cela semble montrer que demain, contrairement à ce qui s’est passé durant des décennies, l’agriculture de taille familiale pourrait ne plus être la référence pour la politique agricole. Ce serait une révolution. Cela signifie que dans les arbitrages, les formules sociétaires, les techniques d’association, les possibilités d’agrandissement pourraient bien prendre le pas sur, par exemple, le contrôle des structures et même l’apparente priorité donnée à l’installation. Il est vrai que dans le contexte mondial et européen actuel, l’exploitation définie comme ayant deux UTH (Unité de travail-homme) en moyenne a sans doute atteint ses limites. Mais il faut le dire clairement. Après avoir instillé l’idée, il faut en dérouler l’écheveau et en révéler toutes les conséquences. Ce sera, on peut l’espérer, le travail de la nouvelle phase de préparation de la loi d’orientation. Cela fera grincer des dents. Mais il faut en passer par là.