Le cercle de réflexion français Agriculture stratégies a présenté, le 19 février, sa proposition de création d’un Conseil de sécurité alimentaire mondial, qui serait l’aboutissement d’une démarche de relance du multilatéralisme sur les questions d’alimentation et d’agriculture, détaillée dans une note « de référence stratégique ». Ce conseil serait rattaché au Conseil de sécurité de l’ONU. Il regrouperait les moyens de grandes institutions existantes (OMC, Banque mondiale, FMI, PNUE, Cnuced, FAO, Fida) et coordonnerait leurs actions. Deux grandes missions lui seraient confiées : un rôle d’observatoire (« évaluer, anticiper les évolutions ») et un rôle de concertation (« organiser la concertation afin de faciliter l’émergence de coopérations entre les grands ensembles géographiques »). Il s’agirait par exemple d’établir des règles d’intervention commune sur les marchés agricoles (stockage, intervention en cas de crise), sur lesquelles achoppe le cycle de négociation de Doha à l’OMC.
Cette proposition serait l’aboutissement d’une réforme des relations internationales sur la question alimentaire. Pour le député LREM Frédéric Descrozaille, « il faut rétablir le multilatéralisme sur de nouvelles bases », ce que le président de la République chercherait à faire depuis plusieurs mois sur la scène internationale. Pour Frédéric Descrozaille, ces nouvelles bases consisteraient, pour le secteur agricole, à fixer « des contraintes écologiques à l’accès aux marchés, et une protection des revenus des agriculteurs, car les besoins alimentaires mondiaux sont toujours en grande majorité insolvables ». Pour le député, ce dernier point est devenu d’autant plus important que « protéger le revenu paysan partout dans le monde est devenu un sujet de sécurité internationale. » Pour lui, il s’agit d’un « enjeu mondial aussi urgent que le changement climatique ».
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In fine, pour le directeur d’études d’Agriculture stratégies, Frédéric Courleux, ce multilatéralisme doit permettre de « réhabiliter les accords internationaux par produits qui avaient permis de réguler les marchés des années trente aux années soixante-dix ».
« Il faut rétablir le multilatéralisme sur de nouvelles bases »