Abonné

Agriculture urbaine : une reconnaissance nécessaire dans la future Pac

- - 3 min

Bien que ces dernières années, la question de l’agriculture urbaine et périurbaine ait attiré l’attention d’un nombre de plus en plus grand de décideurs et de chercheurs, le phénomène a été largement négligé par les politiques de l’UE et en particulier la Pac, constate une étude menée par le service de recherche du Parlement européen et présentée le 20 juin à sa commission de l’agriculture.

Ce type d’agriculture reste surtout considérée pour les biens publics qu’elle fournit aux citoyens (préservation de la biodiversité, lutte contre les déchets, réduction de la consommation d’énergie ou encore demande d’aliments de meilleure qualité) plutôt que pour sa production de matières premières agricoles.

Il existe pourtant une grande variété de types et de formes d’agriculture urbaine et périurbaine, souligne ce travail, allant des jardins communautaires ou familiaux aux fermes urbaines en passant par les serres sur les toits ou les jardins verticaux. Et bien qu’il existe des fermes commerciales très productives, surtout dans les zones périurbaines, le potentiel commercial n’a pas encore été pleinement exploité et fait face à plusieurs contraintes.

La Pac ne profite pas à ce type d’agriculture en raison de ses caractéristiques particulières en termes d’acteurs, d’échelle, de diversité et de localisation. Les zones périurbaines peuvent être exclues de l’éligibilité aux projets Leader du développement rural en raison de leur densité de population. Le développement local communautaire, financé par les Fonds structurels et le Fonds de développement rural, offre, lui, la possibilité de relier les zones urbaines et rurales et peut néanmoins permettre d’appliquer l’approche Leader aux zones urbaines ou périurbaines.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

Dans l’ensemble, la diversité de ces zones exige une meilleure reconnaissance politique afin que les actions dont elles pourraient bénéficier soit mieux coordonnées et adaptées à leurs conditions spécifiques, recommande le rapport.

La Commission européenne propose pour la Pac post-2020 une plus grande subsidiarité dans la conception des politiques et la mise en œuvre des mesures par les États membres afin de pouvoir mieux répondre aux besoins locaux (1). Cette approche pourrait faciliter l’accès aux outils européens pour l’agriculture périurbaine. L’étude du Parlement européen identifie également dans la future Pac des possibilités à travers les mesures destinées aux nouveaux entrants dans le secteur et aux jeunes agriculteurs.

(1) Voir n° 3646 du 28/05/2018