Si les représentants de l'industrie agroalimentaire de l'UE se disent plutôt satisfaits de la nouvelle équipe de Jean-Claude Juncker, ceux du secteur européen de la distribution sont un peu plus circonspects quant à la répartition des portefeuilles de certains commissaires. Mais toutes les parties s'accordent sur un point : « wait and see, la nouvelle Commission européenne sera jugée à l'usage… »
LA composition et l'attribution de certains portefeuilles entre les commissaires du nouvel exécutif européen, dirigé par Jean-Claude Juncker suscitent quelques premières réactions, entre satisfaction prudente, scepticisme, voire un sentiment de provocation. Parmi les rares réactions positives relevées – jusqu'ici – quant à la nomination de la nouvelle Commission Juncker, il convient de noter celle de Food-DrinkEurope, le porte-voix de l'industrie agroalimentaire de l'UE. « A première vue nous avons une impression plutôt positive face à cette nouvelle équipe de la Commission européenne », nous a ainsi déclaré Florence Ranson, la porte-parole de Food-DrinkEurope. Avant d'ajouter : « Mais nous allons voir à l'usage comment cette nouvelle organisation de l'exécutif européen va fonctionner concrètement ». Aux yeux de cette responsable, le fait que la nouvelle Commission européenne « encourage une approche conjointe englobant la compétitivité, l'emploi et la croissance, les questions clés pour notre secteur, est particulièrement bienvenu ». Tout comme d'ailleurs, « la promotion des équipes de projet qui apportera une approche horizontale utile à l'élaboration des politiques et qui est susceptible d'assurer une action coordonnée au plus haut niveau ». Le lobby de l'industrie agroalimentaire européenne estime par ailleurs que la création d'un portefeuille dédié à une « Meilleure réglementation européenne» (confié au vice-président néerlandais Frans Timmermans, ndlr) « est une autre étape essentielle et positive ». FoodDrinkEurope se réjouit en tout cas de travailler avec les nouveaux commissaires pour mener à bien les objectifs affichés visant « à œuvrer pour la croissance économique, à créer des emplois et à contribuer à développer une industrie alimentaire et des boissons de plus en plus compétitive en Europe ».
INTERROGATIONS DANS LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION
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A l'inverse, la répartition des portefeuilles entre les commissaires suscite quelques incertitudes parmi les dirigeants du secteur de la distribution européenne. En particulier au sein d'EuroCommerce, le lobby du commerce de détail, du commerce de gros et du commerce international. Si celui-ci se réjouit de travailler dans le cadre de la nouvelle approche de Jean-Claude Juncker, « qui permettra d'injecter une nouvelle vie dans le projet européen », il se pose en revanche des questions quant à l'étendue du mandat confié à la commissaire polonaise, Elzbieta Bienkowska. Le portefeuille de cette dernière cumule en effet le marché intérieur, l'industrie, entrepreneuriat et PME et s'est vu élargi, au dernier moment, à la politique de l'espace... (lire ci-dessous).
Ce qui a fait dire à Christian Verschueren, le directeur général d'EuroCommerce: « Le secteur du commerce de détail et de gros est la clé pour générer de la croissance et créer des emplois. Il a besoin d'une attention appropriée de la part des décideurs politiques ». S'il estime que le regroupement de l'industrie et des services est tout-à-fait logique, tout comme la combinaison avec la compétitivité, la politique des PME et le marché unique, il considère en revanche que l'adjonction de la politique de l'espace à un portefeuille déjà encombré par le marché intérieur et l'industrie risque de provoquer une surcharge de travail et donc de porter atteinte à l'efficacité du travail de la « Vishnu polonaise » en dépit des louanges adressées à cette dernière à plusieurs reprises par Jean-Claude Juncker... Pour le patron d'EuroCommerce, ce n'est qu'en lui accordant la priorité politique et toute l'attention qu'il mérite que le secteur de la distribution sera en mesure de générer de la croissance et de créer des emplois à travers l'Europe. Celui-ci n'hésite pas à rappeler que le marché intérieur, en particulier, « est crucial pour le commerce de détail et de gros, un secteur qui regroupe quelque 5,5 millions d'entreprises et emploie près de 29 millions de personnes. Aziz Ben Marzouq