Lors d’une conférence de presse tenue à Paris le 28 mai, Axema (représentant les constructeurs d’agroéquipement) a signalé, dans son rapport économique 2026, un nouveau recul du marché français des agroéquipements en 2025, incluant les activités agricoles et espaces verts, et ce pour la troisième année consécutive. Seule la relative bonne dynamique des exports hexagonaux a pu limiter la casse. Les secteurs des grandes cultures et de la viticulture sont particulièrement touchés. Plus en détail, le chiffre d’affaires du secteur recule de 4 % entre 2024 et 2025, pour tomber à 15,56 milliards d’euros (Md€). Axema rapporte un niveau d’immatriculations de tracteurs standards sous la barre des 20 000 unités (19 562), contre 24 000 environ l’an passé. Celui des moissonneuses-batteuses passe de 1 420 à 1 070 unités d’un an sur l’autre. Enfin, celui des machines à vendanger passe de 323 à 228 unités entre 2024 et 2025.
Pour 2026, vu l’état du marché lors des quatre premiers mois, les perspectives sont également négatives, relate le directeur de la commission économique du syndicat, David Targy. Ce dernier table ainsi sur un nouvel effritement, compris entre 0 et 5 %. « Alors que nous tablions sur un rebond du marché en 2026, nous sommes obligés de revoir nos prévisions. Ce regain ne devrait survenir qu’en 2027 », déclare-t-il. Les marges des constructeurs sont sous pression, engendrant une croissance des défaillances d’entreprises du secteur. Les coûts de production ont augmenté, alors que les industriels stabilisent leurs prix de vente, afin de maintenir un certain volume dans un contexte dégradé, au vu des trésoreries des céréaliers et des viticulteurs très ébranlées, limitant leur capacité d’achat. Enfin, les professionnels d’Axema alertent sur l’expansion de la concurrence chinoise, qui « ravit en 2025 la deuxième place mondiale, en matière de commerce d’agroéquipements, aux USA, représentant plus de 12 % de parts de marché », souligne David Targy.
Attention à l’expansion chinoise
KC