La Commission européenne a donné son accord, sous quelques conditions, au rachat de certaines activités (semences, pesticides, outils numériques) de l’allemand Bayer par son compatriote BASF. Une opération imposée par Bruxelles pour valider le rachat de Monsanto par Bayer.
La Commission européenne a donné le 30 avril son feu vert, sous certaines conditions, au rachat par BASF, pour près de 6 milliards €, des activités de son concurrent Bayer dans le secteur des semences potagères, des herbicides non sélectifs et dans le domaine de l’agriculture numérique. Cette vente était exigée par Bruxelles pour répondre aux inquiétudes suscitées par l’opération de rachat de Monsanto par Bayer (1). Étant donné que BASF ne vend actuellement ni semences ni herbicides non sélectifs et n’a que récemment commencé à développer une offre limitée en matière d’agriculture numérique, la Commission a estimé que la plupart des volets de l’opération ne posaient aucun problème de concurrence.
Dans le détail, BASF va racheter : l’ensemble de l’activité de Bayer dans le secteur des semences potagères ; l'ensemble de l’activité de Bayer concernant les semences de grande culture et les caractères propres aux grandes cultures, y compris son organisation en matière de R&D, avec un nombre limité d’exceptions ; un certain nombre d’actifs de Bayer dans le domaine des herbicides non sélectifs (notamment le glufosinate et trois lignes de recherche) ; un certain nombre d’actifs et de produits de Bayer concernant le traitement des semences contre les nematodes ; et les actifs et les produits détenus par Bayer au niveau mondial dans le domaine de l’agriculture numérique (sous réserve d’une licence temporaire cédée en retour par BASF à Bayer).
Feu vert en attente pour Monsanto
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Mais BASF va néanmoins d’abord devoir se séparer de lignes de recherche sur le développement des herbicides non sélectifs ainsi que d’un de ses produits en cours de développement pour le traitement des semences contre les nématodes, le Trunemco. Ces engagements suppriment totalement les chevauchements entre les activités cédées de Bayer et les activités de BASF, estime Bruxelles.
Le cas Monsanto n’est pas pour autant réglé. La Commission européenne précise qu’elle poursuit son examen visant à déterminer si BASF a la capacité ainsi qu’un intérêt à gérer et à développer les activités cédées par Bayer de manière à reproduire une position de concurrent actif sur le marché. L’accord donné au rachat des activités de Bayer par BASF ne préjuge en rien de l’issue de cet examen distinct.
(1) Voir n° 3637 du 26/03/2018