S’il y a des hommes capables de réconcilier l’agriculture compétitive et l’écologie, Michel Griffon se situe parmi les tous premiers. Le pays devrait lire et écouter beaucoup plus attentivement ce scientifique qui prône l’agriculture écologiquement intensive dont les trois mots sont clairs : on doit pouvoir pratiquer une agriculture écologique qui permette de rester compétitif sur les marchés européens et mondiaux. Cela prendra du temps, d’une part pour convaincre la grande majorité des agriculteurs, d’autre part pour faire progresser encore les techniques. Ce qu’il y a d’intéressant chez Michel Griffon, c’est son ouverture sur les deux versants du débat : sur l’écologie d’une part mais aussi sur les techniques les plus modernes, comprenant même celle des OGM.
Mais attention : pour le monde agricole, l’enseignement de Michel Griffon ne va pas venir comme une recette nouvelle qu’il suffira d’appliquer comme on applique le mode d’emploi d’un pesticide. Son agriculture écologiquement intensive est exigeante en termes de connaissances. Elle implique que l’agriculteur doit devenir un peu plus agronome ; qu’il ne suive pas aveuglément des recettes mais qu’il maîtrise son environnement, les produits qu’il utilise et ceux auxquels il donne naissance. Cela signifie de la formation professionnelle pour ceux qui exploitent déjà. Cela veut dire aussi que l’enseignement agricole renforce la part d’agronomie dans les cours. Et comme un individu ne peut pas tout savoir, être agronome en même temps que commercial, manager, voire, demain, financier pour trouver des capitaux d’exploitation, cela implique qu’il devra s’associer. Chacun, dans cette agriculture de groupe devra assumer une de ces fonctions. C’est, en somme, constituer une entreprise en tant que telle.