L’Afrique du Sud a officiellement demandé, le 24 juin à l’occasion de la réunion de l’organe de règlement des différends (ORD) de l’OMC, la mise en place de deux groupes spéciaux dans le cadre de deux litiges commerciaux l’opposant à l’UE sur les importations d’agrumes. Concrètement, Pretoria, deuxième exportateur mondial d’agrumes, reproche à Bruxelles le manque de fondements scientifiques des mesures mises en place pour contrôler la propagation de l’insecte Thaumatotibia leucotreta (ou faux carpocapse) et du champignon Phyllosticta citricarpa, connu sous le nom de « tache noire des agrumes ». En outre, la délégation sud-africaine souligne que l’UE n’a pas considéré les « différences régionales en matière de risque phytosanitaire dans l’application des mesures ». Selon les données des producteurs d’agrumes d’Afrique du Sud (CGA), les exportations d’oranges vers l’UE ont connu une baisse de 21 % pour la saison 2023-2024 en raison des obligations européennes.
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De son côté, l’UE a indiqué regretter le choix de l’Afrique du Sud de lancer une procédure de règlement des différends mais reste ouverte aux discussions « de bonne foi ». Selon Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne en charge du Commerce et l’Agriculture, « l’UE est convaincue que ses mesures sont compatibles avec les règles internationales et sont nécessaires pour prévenir les dommages importants que ces ravageurs pourraient causer à la santé des plantes et à notre économie agricole ». Il faut dire que la maladie n’est pas encore présente sur le territoire européen et qu’en 2022, Bruxelles a souhaité serrer la vis face aux nombreux cas de non-conformité qui continuaient de se présenter lors des contrôles aux frontières de l’UE. Par conséquent et conformément aux règles de l’ORD, l’exécutif européen a rejeté les demandes d’établissement de groupes spéciaux de l’Afrique du Sud. Toutefois, si de nouvelles demandes sont introduites, l’UE ne pourra plus s’opposer.