La table ronde organisée par l’Assemblée nationale le 29 novembre autour de l’aide alimentaire a permis de mettre en évidence deux menaces budgétaires pesant sur les banques alimentaires et autres associations distribuant gratuitement des produits alimentaires aux plus pauvres.
La première est celle de la baisse des contrats aidés sur l’année 2017, annoncée en juin par le gouvernement, et qui devrait s’accentuer en 2018. La moitié des 500 salariés des banques alimentaires bénéficie de contrats aidés, a révélé le président de la Fédération française des banques alimentaires, Jacques Bailet. Cette réduction ne devrait pas concerner son réseau, assure-t-il, mais la vigilance est de mise. « Quasiment tous les emplois aidés ont été sauvés, rassure-t-il. Nous avons eu un engagement de la ministre du Travail que tous les emplois seraient conservés ». Il se dit toutefois vigilant sur le taux d’aide, pour lequel il n’a pas obtenu de garantie.
L’autre menace budgétaire provient du Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD), dont la programmation actuelle se termine en 2020. « Le FEAD est en danger », a alerté la présidente de l’association de dons alimentaires Solaal, Angélique Delahaye, par ailleurs eurodéputée. « Je veux vous alerter sur la vision que je constate au niveau européen, où chaque pays a une approche différente de l’aide alimentaire. En Allemagne, l’aide alimentaire est distribuée par le culte ; les Allemands considèrent que le FEAD ne leur sert à rien ».
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Plus de 3,8 milliards d’euros sont alloués au FEAD pour la période 2014-2020. Les États membres doivent cofinancer au minimum 15 % du coût de leur programme national. Les autorités nationales peuvent acheter la nourriture et les autres produits elles-mêmes, et puis les livrer aux organisations partenaires, ou fournir une aide financière à ces dernières pour qu’elles se chargent des achats.
L’eurodéputée plaide par ailleurs pour une définition européenne du gaspillage alimentaire : « Le gouvernement doit nous aider, car la Commission européenne n’est pas encline à engager ce travail ».