Réserve de crise ? Crédits inutilisés de la Pac ? Fonds en dehors du budget agricole? Où la Commission européenne doit-elle puiser l'argent nécessaire pour venir en aide aux agriculteurs les plus affectés par l'embargo russe sur les produits agroalimentaires de l'UE ? Le commissaire européen Dacian Ciolos rechigne depuis le début à activer la réserve de crise, estimant, comme d'autres au Conseil, au Parlement européen et dans les organisations professionnelles agricoles, que le secteur n'est pas responsable de la situation. Il a donc, dans un premier temps, incité les ministres de l'agriculture des Vingt-huit à avoir une discussion politique sur la question. Mais si l'Italie qui préside le Conseil semble favorable à l'idée de puiser ailleurs que dans la Pac, certains grands États membres comme la France et l'Allemagne s'y opposent. Et, au sein de la Commission, les soutiens semblent manquer également. En cette période de restrictions budgétaires, personne n'est prêt à mettre la main à la poche. C'est donc la réserve de crise – prévue justement pour faire face à des situations imprévisibles – qui devrait finalement servir à financer d'éventuelles aides compensatoires pour les exploitations les plus touchées. « Si nous voulons fournir une compensation, il est clair que nous devrons aller au-delà de nos marges et ouvrir la réserve de crise », a prévenu, devant le Parlement européen, Dacian Ciolos. Conséquence : avec le mécanisme de discipline financière, ce sont les aides directes de tous les agriculteurs de l'UE qui vont être amputées. La balle est désormais dans le camp des États membres : doit-on vraiment débloquer des aides compensatoires ?

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