La messe est dite, ou presque. Michel Barnier a annoncé le dispositif français du bilan de santé de la Pac. Les défenseurs des grandes cultures ont été surpris par l’ampleur de la réorientation des aides en faveur des élevages à l’herbe. Mais il ne faut pas s’y tromper. Cette addition, salée pour certains, n’est peut-être qu’un avant-goût de ce qui pourrait se passer dans trois ou quatre ans, c’est-à-dire demain.
Le sanctuaire budgétaire qui court jusqu’en 2013 prendra fin. Et il paraît exclu de penser que la France sera en mesure de garder la majeure part du budget dont son agriculture bénéficie aujourd’hui. Un budget qui représente plus d’un cinquième du total européen alors que nous sommes maintenant 27 pays membres ! Et que la France ne pèse que pour un dixième de la population européenne. Si l’on ajoute les coups de boutoir attendus des Britanniques, la crise économique et financière qui va laminer les capacités d’intervention publique, le doute même qui s’introduit chez nos citadins sur les aides agricoles depuis la flambée des prix céréaliers… Tout cela rendra la défense de la Pac d’aujourd’hui difficile.
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Au Salon de l’agriculture, les plus amers ont semblé être de jeunes agriculteurs qui se sont installés en misant sur la permanence des aides actuelles. Ils doivent donc entièrement revoir leur plan de développement. Ces jeunes sont en colère, on les comprend. Mais ils devraient plutôt l’être contre ceux qui les ont conseillés que contre l’Europe ou l’État français. Aucune installation ne devrait aujourd’hui tabler sur des aides pérennes à leur niveau actuel. Celui qui s’installe doit essentiellement miser sur une rentabilité liée à un marché ou à des relations contractuelles. C’est injuste car les aînés ont eu bon nombre d’aides. Mais l’économie est-elle juste ?