Ancien président du syndicat France Grandes Cultures (Coordination rurale), Nicolas Jaquet annonce à Agra Presse qu’il a vendu à des éleveurs et des viticulteurs l’intégralité des 524 droits à paiement de base (DPB) de son exploitation des Landes. Il n’a donc déposé aucun dossier de demande d’aide Pac en 2021 pour sa ferme de 543 hectares et renoncé à environ 100 000 € de primes par an. « Je me suis installé en 1993, première année d’application de la Pac réformée avec la rétribution des agriculteurs par des primes. Je voulais en sortir avant ma retraite pour laisser à mes enfants une ferme libérée des aides et surtout des contraintes de la Pac ». Tant que Nicolas Jaquet avait des responsabilités syndicales, il n’a pas « osé » réaliser cet acte, qu’il juge par ailleurs « impossible pour toute exploitation qui cultive uniquement du blé, de l’orge et du colza ». C’est une conversion en bio et une diversification en productions légumières et plantes médicinales, qui lui ont permis de faire progresser son chiffre d’affaires et facilité son renoncement aux aides Pac, retrace-t-il. « J’ai retrouvé ma liberté, je choisis maintenant mon assolement ou mes couverts végétaux en fonction de critères agronomiques ou de gestion et non pour rentrer dans un cadre absurde qui nous éloigne de toute logique ». Comment compenser financièrement la perte des aides ? Grâce à ces diversifications, Nicolas Jaquet prévoit de ne plus souscrire d’assurance multirisques climatique, à l’exception des quelques productions contractualisées. Cet agriculteur qui se qualifie aujourd’hui « d’affranchi » considère que « les aides Pac sont incapables de réorienter l’agriculture face aux signaux prédominants que sont les cours mondiaux de dumping, imposés au sein du marché européen, par les accords commerciaux ».
Nicolas Jaquet renonce à environ 100 000 € de primes par an
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