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Sécurité alimentaire Alerte au Sudan I : la traçabilité montre ses limites

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Avis de recherche. La Commission européenne s’est lancée, le 22 février, dans une enquête de longue haleine pour retrouver des produits contaminés par une substance cancérigène, le Sudan I. A cette occasion, elle dénonce les disfonctionnements des systèmes de traçabilité mis en place par l’industrie et par certains Etats membres.

Où ont été écoulés les stocks de plus de 500 produits contaminés par un colorant, le Sudan I, substance classée cancérigène par les experts de l’Afssa et de leurs homologues britanniques ? Lasagnes, Ketchup, Hot chilli pepper et autres aliments contenant de la Worcester sauce doivent être retirés de façon urgente du marché 1). Alertée par une entreprise italienne, la Commission européenne est confrontée aux dures réalités de la traçabilité, quelques semaines seulement après son entrée en vigueur.

« Pas capable de fournir les numéros de lot »

Au moins « douze pays européens » – dont la France, l’Italie et la Belgique – auraient utilisé comme ingrédient la sauce fabriquée par la firme britannique Premier Foods, indique un porte-parole bruxellois. Problème : la poudre de piment contaminée incriminée date de 2002 et la Worcester sauce de 2003. Depuis, les produits se sont répandus sur le marché communautaire. Et les autorités britanniques ne sont « pas capables de fournir le numéro des lots et la période pour cibler les recherches », déplore un fonctionnaire européen.

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Temps de réaction

De surcroît, la FSA (autorité de sécurité alimentaire britannique) a dans un premier temps ignoré le système d’alerte européen en contactant certains Etats membres supposés avoir reçu le produit. Ce qui a allongé le temps de réaction, indique encore la Commission européenne. En pleine phase de mise en place de la législation sur la traçabilité la Commission tente de taper du poing sur la table : une lettre a été envoyée aux représentations de l’industrie agroalimentaire dont la CIAA (Confédération des industries agroalimentaires de l’UE) pour leur rappeler les devoirs du secteur en matière de traçabilité.

« Faire le ménage »

Markos Kyprianou, le commissaire en charge de la sécurité des aliments dénonce que « plus de 18 mois après la décision de la Commission européenne de mettre en place un système de contrôle, certains industriels n’ont toujours pas pris leurs responsabilités et fait le ménage dans leurs stocks de matières premières »… « S’ils ne le font pas eux-mêmes, c’est aux Etats membres de les forcer à le faire», tonne-t-il.