C’est par un geste symbolique mais très fort que les industriels bretons de l’agroalimentaire ont voulu faire connaitre leur désespoir ce mercredi en déclenchant les alarmes incendies de leurs usines. « Il s’agit de sonner le tocsin », a expliqué l’Abea, qui fédère les industries alimentaires de la région. Un mouvement auquel se sont joints les adhérents de Produit en Bretagne qui regroupe 300 entreprises de tous secteurs. Plus étonnant, trois grandes enseignes de la distribution, souvent montrées du doigt par les industriels pour leur intransigeance dans les négociations commerciales, ont baissé leurs rideaux pendant une heure par mesure de solidarité. Aux difficultés de nombreuses industries agroalimentaires menacées de disparition ou en situation de grande précarité, s’ajoute la menace que fait planer la mise en place au 1er janvier prochain de l’écotaxe sur les poids lourds. Une aberration pour ces industriels à qui on demande d’être compétitifs face à leurs concurrents étrangers. Et qui fait effectivement réfléchir quand on se rappelle que Karl Heinz Kiesel, senior vice-président de Campofrio, n’exclut pas de faire usiner ses cochons au Brésil avant que de les rapatrier vers l’Europe, au mépris de l’empreinte carbone ! Cette débacle économique s’accompagne bien évidemment d’un désastre social, véritable bombe à retardement pour le gouvernement. Celui-ci a convoqué une cellule de crise pour ce mercredi en fin de matinée. On ne sait encore quelles mesures seront annoncées à l’heure ou nous bouclons, des arbitrages étant encore en cours. Mais il est certain qu’il faudra bien davantage que des rustines pour redonner confiance à cette région et relancer un secteur agroalimentaire qui y représente le tiers des emplois.

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