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Algues Algaia  : 3 à 4 M€ investis en 2018 à Lannilis

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À la tête d’Algaia, Fabrice Bohin prévoit d’investir massivement sur le site de production d’alginate* de Lannilis (Finistère) racheté à Cargill fin 2016. L’année 2018 pourrait aussi marquer l’arrivée d’un nouvel investisseur au tour de table, actuellement dominé par Maabarot et Demeter Partners.

Nouvelle tranche d’investissement chez Algaia : la société fondée en 2014, et qui a pris le relais de Cargill sur le site de production de Lannilis, près de Brest, prévoit d’investir « 3 à 4 millions d’euros en 2018, dans une bio-raffinerie, l’augmentation des standards de production, le développement de produits de spécialités, la réduction des coûts de production et les conditions de travail », détaille Fabrice Bohin, le p.-d.g. de l’entreprise. « Ces investissements vont être financés en equity et en dette, avec notamment le concours du Crédit Agricole qui est notre partenaire financier », poursuit le dirigeant. Le site de Saint-Lô, où se situe la recherche et développement de l’entreprise, bénéficiera quant à lui de plusieurs centaines de milliers d’euros dans le développement de nouveaux pilotes.

Algaia n’exclut pas l’arrivée de nouveaux partenaires financiers dès 2018. « Nous pourrions accueillir de nouveaux investisseurs cette année, explique le p.-d.g., mais cela nécessite avant tout une discussion entre les actionnaires actuels ». Le capital qui compte pour principaux actionnaires l’israélien Maabarot (nutraceutique et alimentation infantile) pour 40 % et Demeter Partners (qui a fusionné avec Emertec Gestion) pour 34 %, comprend aussi des actionnaires minoritaires et une partie du management d’Algaia. « De nombreux investisseurs ont voulu entrer au capital de la société lors de la dernière ouverture, mais c’est Maabarot qui a été le plus rapide », assure Fabrice Bohin.

La demande des IAA est en croissance

« La demande des industriels de l’agroalimentaire pour remplacer des ingrédients issus du monde animal par du végétal est très vigoureuse et elle s’observe à l’échelle mondiale », explique Fabrice Bohin. Or, selon lui, les alginates représentent une réponse adaptée qui correspond en même temps à la volonté des consommateurs de végétaliser leur alimentation et de se nourrir plus « sainement ». L’Europe constitue le premier marché d’Algaia, suivi des États-Unis, la France ne représentant que 10 % des ventes. Celles-ci ont été de 15,5 millions d’euros en 2017, après un million en 2016 et 0,4 million en 2015. « La profitabilité est à deux chiffres en 2017 », déclare Fabrice Bohin, qui envisage une progression à deux chiffres des ventes et de la rentabilité en 2018.

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Le marché des ingrédients dérivés des algues (alginates, carraghénanes et agar-agar) est dominé par un petit nombre d’opérateurs. Sur un marché des algues dans le monde estimé à 10 milliards de dollars par an, les extraits conventionnels d’algues (pour les IAA) représentent 13 % et les extraits pour la santé des plantes et des animaux 6 %. 81 % du marché sont constitués par les algues destinées à l’alimentation humaine (fraîches ou séchées), quasi-exclusivement consommées en Asie.

25 millions de tonnes sont récoltées et transformées dans le monde chaque année, essentiellement en Chine, en Argentine, au Japon et au Chili. En France, la collecte atteint les 100 000 tonnes par an, surtout en Bretagne, et concerne le plus souvent les algues brunes pour réaliser des extraits. Algaia acquiert ainsi chaque année 40 000 tonnes d’algues. Mais les volumes disponibles ne sont suffisants du point de vue des industriels qui souhaitent un assouplissement de la réglementation s’appliquant à la collecte d’algues sur les rivages français afin d’éviter les importations.

alginates, extraites des algues brunes, ont plusieurs applications : épaississant, gélifiant, émulsifiant ou stabilisant de produits agroalimentaires.