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Algama intègre sa production d’œuf végétal

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Alvyn Severien, fondateur d'Algama. Crédits : © Algama

   Algama, fabricant de protéines à partir de microalgues, vient de boucler un tour de financement de 13 millions d’euros pour se doter de sa propre usine en Belgique et lancer son développement commercial. L’industriel a mis au point une alternative végétale à l’œuf qui intéresse les industriels de la BVP.

Algama se dote des moyens pour lancer à grande échelle son alternative à l’oeuf, fabriqué à partir de microalgues. Le 10 janvier, il a annoncé une levée de fonds de 13 millions d’euros « auprès de Noshaq, Newtree Impact, et Beyond Impact et de groupes internationaux significatifs de l'industrie alimentaire : Grupo Bimbo, Thai Union Group et d’autres. » Après cette nouvelle opération, le montant total des levées de fonds réalisées par la société s’élève à 25 millions d’euros.

« Nous avons désormais les moyens de nous doter de notre propre usine, qui sera opérationnelle dans le courant de l’année 2023 et qui sera en mesure de produire à terme 200 000 tonnes d’équivalent œuf », explique Alvyn Severien, cofondateur et dirigeant de la société, qui est titulaire de 25 brevets dans 31 pays. Un site de 10 000 m2 a déjà été acquis à Liège (Belgique), qui doit être reconfiguré pour accueillir les machines d’Algama. La levée de fonds permet aussi à la société de lancer le développement commercial de se produits, à commencer par le Tamalga, son alternative à l’oeuf végétal.

Algama affirme avoir déjà des clients grâce à ses protéines issues des microalgues et pouvant être utilisées en substitution du poisson, de la viande et des produits laitiers. « Nous allons pouvoir étoffer notre force commerciale de 50 collaborateurs supplémentaires pour répondre à la demande très pressante des industriels en quête d’alternatives aux matières premières telles que l’œuf », poursuit Alvyn Severien. Selon les données avancées par la société, la taille du marché des oeufs est évaluée à plus de 200 milliards d’euros par an et près de 100 milliards de kilogramme par an.

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Un contexte favorable à l'alternative végétale

Le contexte actuel marqué par des tensions en termes de disponibilité des certaines matières premières agricoles, et une forte volatilité des prix, est favorable aux fabricants d’alternatives végétales aux protéines animales. « Le secteur de la boulangerie, pâtisserie et viennoiserie (BVP, ndlr) est très demandeur d’alternatives à l’œuf, qu’elle utilise en grandes quantités, mais d’autres secteurs de l’agroalimentaire sont aussi demandeurs comme par exemple les produits de la mer, la viande ou les produits laitiers », explique Alvyn Severien. Et si la volonté de « verdir » son offre de produits est un moteur pour la demande, l’argument économique pèse aussi dans ce choix. « Notre produit Tamalga est moins cher que l’œuf liquide le moins cher du marché, et possède de nombreux avantage comme d’être en poudre, donc facile à mettre en œuvre et profiter d’une DLC plus longue que l’œuf liquide », poursuit-il. Preuve de l’intérêt des industriels : pour la première fois, Algama accueille à son tour de tables des industriels tels que Groupo Bimbo (boulangerie et pâtisserie) et Thai Union Group, deux opérateurs de taille mondiale.

Société fondée en 2013, et qui a grandi au sein du Genopole d’Evry, Algama est très discrète sur ses performances économiques. Ainsi, la société ne communique aucun chiffre d’affaires, ni obejtifs, et n’indique pas non plus les volumes qu’elle a produit jusqu’à maintenant. Elle compte 40 salariés et est soutenue par plusieurs investisseurs historiques tels que Horizons Ventures, Blue Horizon Ventures, CPT Capital, Veginvest et Alwyn Capital.