Dans un rapport, dont la parution est attendue fin juin et que Le Monde et Le Télégramme ont pu consulter, la Cour des comptes et la chambre régionale des comptes dressent « un constat d’échec » des politiques publiques de lutte contre les algues vertes, selon les termes du quotidien national dans un article paru le 11 mai. Le rapport soulignerait d’abord « la modestie des moyens alloués aux deux plans de lutte contre la prolifération des algues vertes (Plav) de 2010 à 2019 », dont le budget de 150 millions d’euros, serait jugé « dérisoire si on les compare au montant des aides du premier pilier de la Pac en Bretagne – entre 435 millions et 614 millions d’euros par an ces six dernières années », explique Le Monde, citant le rapport. Autre grief de la Cour des comptes : « L’État, l’agence de l’eau comme la région – compétente pour le développement économique – accordent leurs aides sans exiger d’effort de prévention de l’environnement en retour », résume le quotidien. Le rapport aborderait notamment la question des installations classées (ICPE), regrettant qu’il n’existe pas de dispositifs spécifiques aux huit baies dites « algues vertes ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le lendemain, l'association Eaux et Rivières de Bretagne a annoncé par un communiqué avoir lancé le 12 mai une pétition en ligne intitulée « Stop aux marées vertes ». Parmi les cent premiers signataires figurent plusieurs autres associations, dont FNE ou Greenpeace, mais également François Veillerette (Générations Futures), les journalistes Inès Léraud et Morgan Large, des agriculteurs comme André Pochon, ou encore le chanteur Alan Stivell. « Nous demandons un objectif clair pour la politique agricole : produire moins mais mieux », résume l’association dans le communiqué. Eaux et Rivières de Bretagne préconise quatre mesures pour limiter le développement des algues vertes : réduire le cheptel breton, renforcer la réglementation sur les épandages de fumiers et lisiers, conditionner les aides publiques agricoles au respect de l’environnement, et améliorer les systèmes d’assainissement. Cette démarche sera accompagnée de plusieurs évènements, dont une manifestation à Lorient le 5 juin prochain.